OM - Lorient vendredi 20h45
Sylvain Ripoll, les principes restent les mêmes

Notre ami Loïc Bervas qui a réalisé un livre sur Christian Gourcuff et qui suit le FC Lorient a interviewé Sylvain Ripoll

Comment avez-vous vécu cette première expérience de la responsabilité ?
C’était une découverte. On a beau être dans le circuit et avoir été presque 10 ans entraîneur-adjoint, ce n’est pas le même travail, la même responsabilité.
Cela a été aussi une saison assez difficile, parce que les résultats ont fait qu’on a été presque toujours en bas du classement.
Mais en même temps je l’ai trouvée très enrichissante, avec les difficultés qui l’accompagnent ; cela permet de voir toutes les facettes du métier, ce qu’il y a à faire et à ne pas faire.
Est-ce que vous avez eu des doutes ?
C’est vrai qu’on a traversé des périodes plutôt négatives, parfois longues. On vit des week-ends assez difficiles après les matches.
Oui, il y a eu des moments de doute, forcément :
est-ce qu’on va enfin enclencher une dynamique positive ?
Mais pas de doute sur la mentalité de l’équipe, sur la volonté de persévérer dans ce qu’on pensait être bon de faire.
Avez-vous pensé à votre propre sort ?
Jamais ! (affirmé immédiatement). Il y a une chose que j’ai intégrée tout de suite, c’est que ma position pouvait être précaire. Non, dès que j’ai pris ce poste, ma seule obsession, c’était que le club continue à avancer et préserve ce qui avait été fait auparavant, ma position personnelle passait au second plan.
J’ai entendu des rumeurs, mais j’ai vécu avec.

Avec quels principes de jeu avez-vous mené l’équipe ? Les similitudes avec Christian Gourcuff, votre apport personnel ? Sur les méthodes d’entraînement, la gestion du groupe…
Je voulais préserver les principes de jeu du FC Lorient. C’est-à-dire son organisation rigoureuse, que l’on joue haut ou parfois un peu plus bas.
Un football de possession, où l’on cherche à imposer notre jeu.
Il y avait de ma part la volonté de poursuivre le football développé par Christian Gourcuff … parce que c’est le football que j’apprécie. Il n’y avait pas de raison d’aller dans une autre direction, mais il y a des touches qui me sont personnelles.
La gestion du groupe, je considère qu’elle est propre à la personnalité de chaque entraîneur, dans sa conception des relations humaines : il faut rester soi-même. Le passage d’entraîneur-adjoint à entraîneur s’est fait naturellement. Le mérite ne m’en revient pas, mais aux joueurs et aux membres du staff, qui ont eu l’intelligence de comprendre que les rôles étaient différents. Je n’ai quasiment jamais eu de réajustements à demander sur ce plan.
Quant à l’adhésion des joueurs, je ne suis pas le mieux placé pour y répondre ; si je me fie à mon ressenti, j’ai eu l’impression que les joueurs sont restés concentrés et concernés par le projet collectif.
On a gardé la trame de ce qui se faisait précédemment, en retirant de petites choses qui me plaisaient moins, et en plaçant d’autres dont je pensais qu’on pouvait y gagner. Il y avait des points que je souhaitais optimiser : on n’y est pas parvenu sur tout, soit dit en passant.
Est-ce que divers entraîneurs sous lesquels vous avez été joueur vous ont aidé également dans votre nouvelle fonction?
Oui. J’ai passé de nombreuses années avec Christian. J’ai eu aussi d’autres entraîneurs qui m’ont marqué à leur façon, d’une manière ou d’une autre. Chaque entraîneur a sa “philosophie”, mais il y a toujours des éléments à tirer de chacun. Un exemple parmi d’autres: Yvon Pouliquen avait des circuits d’adresse ludiques qu’il plaçait de temps à autre, pour étonner le groupe et changer ce qu’on avait l’habitude de répéter dans nos gammes.

Sur le match à Marseille de Vendredi
«On va essayer de finir les matches à onze, c’est plus facile ainsi de les gagner ou d’aller chercher des points. Il ne faut pas tomber dans la facilité, ne pas accepter les lamentations et rester concentré dans l’action. Sur les cartons rouges, on n’a pas les bons gestes et on laisse place à l’interprétation. Ces gestes nous mettent en péril.
«On a besoin d’aller chercher un résultat à Marseille. On doit être plus costaud, plus fort. Après deux matches et autant de défaites, il faut réagir et vite inverser les choses en débloquant le compteur. La frustration dure un instant, il faut passer à autre chose, au match à Marseille avec l’envie d’inverser la tendance, de faire ce qu’il faut pour aller chercher un résultat.
«J’ai bon espoir de montrer un beau visage à Marseille. On doit pousser les circonstances, qui ne nous ont pas été favorables jusqu’à présent, à devenir favorables. Il faudra être dans l’action, dans l’engagement pour chercher des solutions. On a des atouts à faire valoir.
«Les deux équipes voudront inverser les choses. L’OM et Lorient n’ont pas fait le début de championnat qu’ils espéraient. On doit se donner les moyens de faire un résultat à Marseille. L’OM reste l’OM, même si le match de Guingamp ne s’est pas bien passé. Il y a beaucoup de qualités individuelles dans cette équipe. Elle est à la recherche d’équilibre.»