Histoire de la Coupe du Monde 2010

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La dix-neuvième Coupe du monde de l’histoire a rendu son verdict. Annoncée comme l’une des favorites de l’épreuve, l’Espagne a tenu son rang et a inscrit pour la première fois son nom au palmarès de la plus prestigieuse des compétitions en disposant des Pays-Bas en finale (1-0, ap).

Pour la première Coupe du monde disputée sur le sol africain, le spectacle n’a pas été franchement au rendez-vous, et cette victoire de la Roja a quelque peu rassuré les amateurs de ballon rond: le beau jeu paie encore.

Tous les regards sont désormais tournés vers le Brésil, où se tiendra la prochaine édition du Mondial, en 2014.
Cette Coupe du monde a été le théâtre de nombreuses premières, notamment l’élimination de l’Italie et de la France, finalistes de l’édition précédente, dès le premier tour.

De plus, l’Afrique du Sud est devenu le premier pays organisateur de la Coupe du monde à ne pas réussir à se qualifier à l’issue des phases de poules.

C’est également la première fois qu’un pays européen gagne en dehors de son continent.
En outre, le vainqueur est inédit, puisque l’Espagne n’avait jamais remporté de Coupe du monde jusqu’à cette édition.

La finale en elle-même est aussi une rencontre inédite, puisque l’Espagne et les Pays-Bas ne s’étaient jamais rencontrés en Coupe du monde.

Enfin, c’est également la première fois que l'équipe victorieuse a perdu son premier match. C'est Iniesta qui a offert le succès aux Espagnols.
L’Espagne enfin au sommet

La Roja n’a pas failli. Les Espagnols étaient attendus au tournant après leur victoire à l’Euro il y a deux ans. Ils ont répondu présent en Afrique du Sud. Championne du monde pour la première fois de son histoire, l’Espagne a gravi une par une les marches d’un titre historique et unique en son genre.
C’est la première fois qu’une équipe est sacrée après avoir perdu son premier match.
La défaite d'entrée face à la Suisse (0-1) a toutefois été vite oubliée, tant les joueurs de Vicente del Bosque ont rapidement rassuré. Remportant tous leurs matches par la suite, les coéquipiers d’Iker Casillas sont devenus les premiers Européens à remporter un Mondial sur un autre continent.

Emmenée par l’armada barcelonaise (tous les buts espagnols ont été inscrits par des Blaugranas), l’Espagne a pêché en efficacité par moment, comme le prouve ses 8 petits buts inscrits dans toute la compétition, le plus faible total d’un champion du monde.

Mais plus que les chiffres, on retiendra surtout le niveau de jeu affiché par la Roja, qui a déployé l’un des plus beaux football de la compétition, si ce n’est le plus beau.
Le beau jeu récompensé

L’honneur est sauf. On s’attendait à ce que la Coupe du monde 2010 soit la plus stérile de l’histoire. Il n’en fut rien. Après une entame laborieuse, la moyenne de buts a finalement été sauvée par les matches à élimination directe, et s’élève à 2,27 buts par match (145 réalisations en 64 rencontres), laissant ce triste record au Mondial 1990 (2,21 buts par match).
Mais on n’est pas passé loin d’une grosse désillusion pour les amateurs de spectacle, qui ont pu commencer à enfin vibrer après une phase de groupes bien ennuyeuse.

La faute à des équipes ne se livrant pas, privilégiant la défense à l’attaque. Rares sont ainsi les entraîneurs qui alignaient plus d’un seul vrai attaquant sur les pelouses sud-africaines.
Les Pays-Bas sont ainsi l’un des meilleurs symboles de cette mentalité, qui a failli leur ouvrir les portes d’un premier sacre mondial.
Mais les Oranje ne sont pas les seuls à blâmer, et on peut également citer le Brésil, dans un style qui n'a pas du tout séduit un pays où le football est roi.
La victoire d’une équipe d’Espagne privilégiant le jeu court, fait de passes rapides vers l’avant, mais qui s’appuie également sur une bonne assise défensive, est celle du beau jeu.
L’Allemagne, meilleure attaque du tournoi, et à un degré moindre l’Uruguay, le Ghana ou encore le Chili ont également égayé la compétition par leurs velléités offensives.
Des déceptions à la pelle

L’Afrique du Sud a été le tombeau de nombreuses équipes. On ne reviendra pas sur le fiasco de l’équipe de France, qui continue de provoquer des remous dans le football hexagonal, tant il n’est pas franchement surprenant à la vue du niveau de jeu proposé depuis bientôt quatre ans. Raymond Domenech quitte son poste de sélectionneur sur un cuisant échec et laisse une équipe en ruines.

Tenante du titre après son succès il y a quatre ans en Allemagne devant la France, l’Italie a également quitté la compétition dès la phase de groupes.
Pourtant placée dans une poule largement abordable, la Squadra Azzuzra a coulé corps et âme, se faisant éliminer prématurément sans n’avoir rien démontré.
Comme pour les Bleus, cet échec marque la fin d’un cycle pour la Nazionale.
Également annoncés parmi les favoris, l’Angleterre, l’Argentine et le Brésil n’ont pas su se hisser dans le dernier carré. Les Three Lions ont été humiliés par l’Allemagne en huitièmes de finale (1-4), qui s’est ensuite payée le scalp de l’Albiceleste au tour suivant (0-4). La Seleçao, quant à elle, a sombré en deuxième mi-temps devant l’efficacité des Pays-Bas en quarts également (1-2). Enfin, les équipes africaines n’ont pas été à la fête. L’Afrique du Sud est devenue le premier pays organisateur à ne pas sortir des poules, la Côte d’Ivoire et le Cameroun ont déçu, alors que l’Algérie et le Nigeria ne sont pas parvenus à s’extirper non plus de leur groupe. La seule satisfaction est venue du Ghana, qui a porté les espoirs de tout un continent jusqu’en quarts de finale, avant de céder devant l’Uruguay.
Humiliés", "en déroute", "divas"... La presse étrangère n'a pas de mots assez durs pour qualifier l'attitude des Bleus, qui ont été au cœur d'un psychodrame
A la raillerie générale provoquée par l'exclusion de Nicolas Anelka et la violente dispute qui a opposé Patrice Evra et son préparateur physique Robert Duverne, s'ajoutent les doutes exprimés non seulement sur les capacités réelles des Bleus à revenir à leur meilleur niveau, mais aussi sur la compétence de Raymond Domenech.

Exit Raymond
Les stars aux abonnés absents

Où étaient donc les stars annoncées? Sûrement épuisées par leur saison avec leur club, les vedettes attendues en Afrique du Sud ont été transparentes. Arrivés diminués, Wayne Rooney et Fernando Torres ont ainsi traversé la compétition comme des fantômes, n’inscrivant pas un seul but. Lionel Messi n’a pas marqué non plus, mais s’est montré à son avantage comparé aux deux premiers cités. Inutile non plus de revenir sur le cas de Franck Ribéry, miné par des problèmes extra-sportifs et largement plus convaincant sur le plateau de Téléfoot au bord des larmes que dans son rôle de leader des Bleus.
Cristiano Ronaldo, Frank Lampard, Kaka, Robinho ou encore Arjen Robben ont également déçu, alors que les stars africaines que sont Didier Drogba, blessé lors des matches de préparation, et Samuel Eto’o n’ont pas su guider leurs équipes vers les huitièmes de finales. Certains joueurs se sont révélés aux yeux du monde en Afrique du Sud également. On peut citer Thomas Müller, élu Meilleur jeune joueur de la compétition, Gregory Van der Wiel, titulaire avec les Pays-Bas, mais aussi André Ayew, Robert Vittek (auteur de 4 buts!), Fabio Coentrao, Keisuke Honda ou encore Luis Suarez dans une liste non exhaustive. Enfin, certains joueurs ont rayonné durant ce Mondial.
David Villa, s’il est passé à côté de sa finale, a réalisé plusieurs prestations de haut vol, tout comme Xavi Hernandez ou Andrés Iniesta, décisif en finale. Diego Forlan a hissé l’Uruguay jusqu’au pied du podium. Miroslav Klose, dans son style tout en efficacité, a failli entrer dans l’histoire de la Coupe du monde, mais laisse Ronaldo seul recordman du nombre de buts en phase finale pour une petite réalisation. Wesley Sneijder, le métronome des Pays-Bas, fait également partie de cette liste, et postule, comme les joueurs cités précédemment, au titre de Ballon d’Or Fifa en janvier prochain .
Une organisation satisfaisante

L’Afrique du Sud et le continent africain en général ont réussi leur pari. La première Coupe du monde en Afrique s’est déroulée sans accroc majeur, malgré les doutes initiaux. La sécurité des spectateurs, mais également celle des journalistes, a été assurée, malgré quelques incidents à déplorer.

La Fifa s’est félicitée de l’organisation de l’événement, notamment avec l’affluence dans des stades flambants neufs, qui a dépassé la barre des 3 millions de spectateurs, (3e affluence de l’histoire après 2006 et 1994).
Des stades qui devront être vite "recyclés" pour éviter de se transformer en gouffre financier… Petit bémol concernant l’ambiance. S’il est vrai que les matches ne prêtaient pas vraiment à l’enthousiasme, les spectateurs ont tardé à se faire entendre dans les travées des stades. La faute à ces satanées Vuvuzelas qui ont été, un temps durant, les stars de la compétition. Avant que Paul le Poulpe ne leur vole la vedette...
L’arbitrage centralise les critiques

La Fifa va-t-elle retourner sa veste? Après s’être toujours interdites d’avoir recours à la vidéo dans le football, les instances dirigeantes vont devoir revoir leur copie après cette Coupe du monde, où de nombreuses erreurs d’arbitrages ont été commises. Entre le but injustement refusé à Frank Lampard en huitièmes de finale face à l’Allemagne alors que le ballon avait bien franchi la ligne, celui accordé à Carlos Tevez face au Mexique alors que l’attaquant argentin était hors-jeu, ou les prestations catastrophiques de certains hommes en noir, la Fifa a du pain sur la planche. Car l’arbitrage restera l’un des gros points noirs du Mondial sud-africain.

L'Espagne a remporté sa 1ère Coupe du Monde. C'est également la 1ère fois qu'une équipe remporte la Coupe du Monde après avoir perdu son 1er match du tournoi (0-1 contre la Suisse) et qu'une nation européenne gagne une Coupe du Monde jouée hors du Vieux Continent.

Les Pays-Bas ont perdu les 3 finales qu'ils ont disputé (1974, 1978 et 2010). Seule l'Allemagne en a perdu davantage (4).

La finale 2010 est devenue la plus prolifique en termes de cartons avec 13 avertissements (6 pour les Pays-Bas, 3 pour l'Espagne), battant les finales 1986 (6 jaunes) et 1990 (4 jaunes et 2 rouges).

Comme le nombre de cartons jaunes récoltés par les Pays-Bas en Afrique du Sud, égalant le total d'une équipe lors d'une Coupe du Monde : l'Argentine en 1990.

Johnny Heitinga est le 5e joueur à être expulsé en finale de Coupe du Monde: Dezotti, Monzon, Desailly, Zidane, Heitinga.

Avec seulement 8 buts en 7 matches, l'Espagne est la plus faible attaque à être devenue championne du monde. Elle devance l'Italie (1938), l'Angleterre (1966) et le Brésil (1994) qui ne comptaient que 11 réalisations au compteur.
En revanche, la Roja égale la meilleure performance défensive d'un champion du monde, n'encaissant que 2 buts en 7 matches (comme la France en 1998 et l'Italie en 2006).


3752 Comme le nombre de passes réussies par l'Espagne en Afrique du Sud, record d'une équipe lors d'une Coupe du Monde depuis 1966, année depuis laquelle Opta a analysé tous les matches de Coupe du Monde.

Vicente del Bosque devient le 2e entraîneur à gagner la la Ligue des Champions (en 2000 et 2002 avec le Real Madrid), et la Coupe du Monde (2010 avec l'Espagne) après Marcelo Lippi (C1 en 1996 avec la Juventus et Coupe