Histoire de la Coupe du Monde 1978

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La Coupe du monde 1978 s'est tenue en Argentine du 1er juin au 25 juin 1978.
Finaliste malheureuse en 1930, l'Argentine doit attendre 48 ans avant de remporter la Coupe du Monde de la FIFA. En 1978, en tant qu'organisatrice, elle profite du soutien populaire pour s'imposer.
Elle bat en finale les Pays-Bas, privés de Johann Cruyff, qui a refusé de disputer la compétition en raison de la situation politique.
Surclassée par l'Italie dans les matches de poule, l'Argentine se remet dans la course à la faveur d'une victoire 6-0 sur le Pérou.
L'équipe "albiceleste" compte des joueurs d'exception : Daniel Passarella, Osvaldo Ardiles et Mario Kempes, meilleur buteur de la compétition avec six réalisations.
En finale, elle bat les Pays-Bas 3-1 dans les prolongations.

Les préparatifs d'une Coupe du Monde de la FIFA ont rarement été aussi controversés que ceux de la 11ème édition, organisée par l'Argentine.
En fait, le football avait été relégué au deuxième plan par les autorités mondiales, qui étudiaient la possibilité de boycotter la compétition pour protester contre le régime totalitaire du Général Videla et ses constantes violations des droits de l'homme.
Finalement, malgré un appel massif à la non-participation, le monde du football décide quand même de faire le déplacement jusqu'en Argentine.
Il faut dire que le Mundial argentin suscite un nombre de candidatures record.
Lorsque le tirage au sort des groupes éliminatoires se déroule à Guatemala City, le 19 novembre 1975, 106 nations font acte de candidature, soit exactement le double de participants par rapport à Londres 1966, seulement douze ans plus tôt. Voilà qui prouve le formidable impact du football à travers le monde, la FIFA réunissant, quant à elle, plus de pays que les Nations-Unis !
De 106, les participants sont néanmoins ramenés à 97, en raison de neuf forfaits de diverses nations africaines et asiatiques. Mais ce chiffre reste supérieur à celui de l'édition précédente, en 1974, en Allemagne.
Parmi les équipes qualifiées pour la phase finale, figure enfin l'équipe de France, absente du tournoi mondial depuis 1966, en Angleterre, où elle avait été d'une totale médiocrité. Pour passer, elle se débarrasse de sa "bête noire" la Bulgarie, qui lui avait barré la route du Mundial chilien en 1962. Au match aller, à Sofia, elle obtient un bon résultat (nul, 2-2) malgré les décisions pour le moins curieuses de l'arbitre de la rencontre, M. FOOT. Au retour, le 16 novembre 1977, au Parc-des-Princes, la France et la Bulgarie jouent la qualification à l'occasion d'un match qui soulève une passion rarement atteinte dans le pays
Les Bleus obtiennent un premier but par l'intermédiaire de Rocheteau, un deuxième par Platini, et après une petite alerte occasionnée par un but du Bulgare Tzetkov, ils bouclent sur un nouveau but, inscrit, celui-là par Dalger. Dirigée par Michel Hidalgo, qui a été l'adjoint de Stefan Kovacs, l'équipe de France est partie pour de grandes aventures.

En Argentine, elle hérite du groupe le plus difficile avec le pays organisateur, l'Italie et la Hongrie ;
Deux places seulement étant réservées pour le tour suivant. Face à l'Italie, pour son premier match, la France débute de façon quasi-idéale puisque par l'intermédiaire de Bernard Lacombe, elle marque un premier but au bout de 36 secondes.
Une action collective superbe qui met Six en position de débordement qui centre sur la tête de Lacombe. Troublés par cette réussite exceptionnellement rapide, les Français restent fidèles à un schéma qui prévoyait que les Italiens allaient jouer le contre.
Or, une fois menés, ceux-ci prennent des initiatives que la défense tricolore, pas très à l'aise, ne parvient pas à contenir. Résultat Paolo Rossi commence par égaliser à la suite d'un cafouillage, puis Zaccarelli expédie un bolide qui surprend Bertrand-Demanes.
Les Français sont battus par des Italiens à l'Hindu Club de Don Torcuato où les deux sélections séjournent.
Pour espérer continuer sa route dans la compétition, l'équipe de France ne doit pas perdre le match suivant contre ... l'Argentine à Buenos-Aires. Un exercice à ranger au rayon des missions délicates. D'entrée les Français jouent bien, le ballon circule vite et le spectacle, sans atteindre les sommets est de bonne qualité. La première mi-temps touche à sa fin lorsque sur une dernière attaque argentine, Trésor, le capitaine de l'équipe de France, et Luque s'accrochent dans la surface de réparation. Dans sa chute Trésor heurte le ballon avec son bras droit , mais la faute semble totalement involontaire.
Le public hurle, et tandis que le ballon sort en corner, l'arbitre suisse, M. Dubach, accorde le penalty. Dans le Monumental, on entend une mouche voler. En face de lui, Passarella frappe de toutes ses forces sur la gauche du gardien français qui, jouant le tout pour le tout, est parti à droite...
Un peu plus tard, Platini égalise et relance le match, un match qui s'offre aux Bleus lorsque Six se présente seul face au gardien argentin. Son tir malheureusement n'est pas ajusté. Celui de Luque encore lui en revanche, l'est parfaitement et la France perd 2-1 sans démériter et sa défaite l'élimine de la compétition.
Dans les autres groupes, l'Allemagne, qui évolue sans Beckenbauer et Müller, les deux "héros" de 1974, est loin de son meilleur niveau, de même que le Brésil qui aux mains de Claudio Coutinho, ne donne qu'une pâle copie de ce qu'une "Seleçao" est capable de faire.
Les Allemands cartonnent contre le Mexique mais ne pourront se qualifier ensuite pour la finale, barré par les Pays-Bas et une surprenante défaite contre l'Autriche de Krankl.
Les Pays-Bas ne sont guère plus fringants et, malgré la révélation de Rensenbrink, ils ont du mal à vivre sans leur star Johan Cruyjff.

Ils s'inclinent d'ailleurs sans conséquence contre l'Ecosse de Gemmill.
Les Péruviens de Cubillas montrent de belles choses au premier tour, et marquent cinq buts en deux matches, mais se montreront impuissants au deuxième, pulvérisé par les Argentins 6 à 0.
En fait, la surprise vient de l'Autriche, qui compte en Pezzey, Prohaska, Krankl et Jara de remarquables footballeurs.

Après avoir encaissé un cinglant 5 à 1 face au Pays-Bas, les Autrichiens réagissent contre l'Allemagne et Krankl fait tomber la RFA à lui tout seul.
Au second tour, la RFA, l'Autriche et l'Italie essoufflées, laisse filer les Pays-Bas vers une deuxième finale de Coupe du Monde consécutive.
Dans l'autre groupe, le Brésil ne parvient pas à se sortir de son carcan, le Pérou sombre et la Pologne jette ses derniers feux.
Le voie royale s'ouvre devant l'Argentine qui, dans sa rencontre décisive face aux Péruviens marque six buts sans en concéder un.

Un score bizarre, mais va pour le 6-0 et une finale Argentine-Pays-Bas
Les coéquipiers de Daniel Passarella marquent deux doublés par Mario Kempes et Luque, et se qualifient pour la finale.
Le Brésil obtient une honorique 3eme place en dominant l'Italie 2 buts à 1, mais sans vraiment se montrer supérieurs à des Italiens qui préparent déjà 1982.
L'équipe de Cesar Luis Menotti est poussée par tout un peuple et se présente le jour J avec toutes ses forces vives, notamment ses deux joueurs déterminants : le gardien de but Fillol et l'attaquant Kempès, la grande vedette du mondial.
Ils réussissent tous les deux une superbe finale et avec un brin de chance (tir de Rensenbrink sur le poteau de Fillol à quelques secondes de la fin), ou avec le coup de pouce du destin (le but victorieux de Kempès qui bénéficie d'une contre favorable avant de marquer) ils emmènent leur équipe vers la victoire. Victoire que tout un peuple attendait depuis quarante-huit ans et la finale perdue en 1930 contre le voisin uruguayen à Montevideo.
Battus pour la seconde fois en finale de la Coupe du monde, à quatre ans d'intervalle, les footballeurs des Pays-Bas ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes.
Comme en 1974 ils ratent leur finale, par excès de nervosité, pour ne pas avoir su poser le jeu et jouer calmement au football.
On n'impose pas une épreuve de force aux Argentins sur leur terrain sans s'exposer à une cruelle désillusion.
Si la performance de l'Argentine est attribuable à l'esprit collectif régnant dans le groupe, on ne peut passer outre le talent d'un joueur, Mario Alberto Kempes, souvent décisif.
En plus du titre de champion du monde, Kempes termine également le tournoi en tant que meilleur buteur, avec six réalisations à son actif.
LE PARCOURS DE LA FRANCE
PREMIER TOUR (groupe 1)
2 juin 1978 à Mar del Plata
ITALIE - FRANCE : 2-1 (1-1)
42 373 spectateurs/Arbitre : M. Rainea (Roumanie).
Buts : Rossi (29e), Zaccarelli (52e) pour l'Italie; Lacombe (37e seconde) pour la France
ITALIE : Zoff - Gentile, Scirea, Bellugi, Cabrini, Tardelli, Benetti, Antognoni (Zaccarelli, 46e), Causio, Rossi, Bettega.
FRANCE : Bertrand-Demanes - Janvion, Trésor, Rio, Bossis - Michel, Platini, Guillou - Dalger, Lacombe (Berdoll, 73e), Six (Rouyer, 75e).
6 juin 1978 à Buenos Aires
ARGENTINE - FRANCE : 2-1 (1-0)
77 216spectateurs/Arbitre : M. Dubach (Suisse).
Buts : Passarella (45e s.p.), Luque (73e) pour l'Argentine; Platini (60e) pour la France
ARGENTINE : Fillol - Olguin, Passarella, L. Galvan, Tarantini, Ardiles, Gallego, Valencia (Alonso, 64e) (Ortiz, 70e), Houseman, Luque, Kempes.
FRANCE : Bertrand - Demanes (Baratelli, 57e) - Battiston, Lopez, Trésor, Bossis - Platini, Michel, Bathenay - Rocheteau, Lacombe, Six.
10 juin 1978 à Mar del Plata
FRANCE - HONGRIE : 3-1 (3-1)
28 000 spectateurs/Arbitre : M. Coelho (Brésil).
Buts : Lopez (22e), Berdoll (37e), Rocheteau (42e) pour la France; Zombori (41e) pour la Hongrie.
FRANCE : Dropsy - Janvion, Lopez, Trésor, Bracci - J. Petit, Bathenay, Papi (Platini, 46e), Rocheteau (Six, 75e), Berdoll, Rouyer.
HONGRIE : Gujdar - Martos, Balint, Kereki, J. Toth, Nyilasi, Pinter, Zombori, Pusztai, Torocsik, Nagy (Csapo, 73e).