Histoire de la Coupe du Monde 1990

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Après le Mexique en 1986, la 14ème Coupe du Monde de la FIFA retrouve l'Europe, et plus précisément l'Italie, une grande puissance du football mondial, où l'on n'allait reculer devant aucune dépense pour faire de cette Coupe du Monde de la FIFA un succès complet.
Dix des douze stades qui doivent accueillir la compétition sont entièrement rénovés et les deux autres (à Turin et à Bari) sont spécialement construits pour l'occasion.
Même s'il y a moins d'équipes engagées qu'en 1986 pour disputer les phases éliminatoires (112 contre 121), l'accession à la phase finale se révèle tout aussi difficile.

Parmi les équipes qui restent à quai, on retrouve le Danemark, le Portugal et même la France, les demi-finalistes de 1986 ayant désigné Michel Platini comme entraîneur pour remplacer Henri Michel.

Mais les tricolores vont se faire éliminer par la Yougoslavie et l'Ecosse après un match nul calamiteux à Chypre.
À l'exception du Costa Rica, qui, pour sa première participation à une phase finale, atteint les huitièmes de finale, le premier tour se déroule grosso modo comme prévu.
Trois joueurs, cependant - Roger Milla, Salvatore Schillaci et le gardien argentin Sergio Goycochea - déchaînent les bravos des spectateurs.
Milla, qui sort de sa retraite pour disputer le tournoi, devient, à 38 ans et 20 jours, le buteur le plus âgé de l'histoire de la Coupe du Monde de la FIFA en inscrivant un but contre la Roumanie (il allait rééditer cet exploit durant la Coupe du Monde de la FIFA 1994 !).
Le match d'ouverture de la Coupe du Monde 1990 qui met aux prises l'Argentine de Maradona, détentrice du titre de champion du monde, au Cameroun, l'un des adversaires de son groupe mais aussi l'un des deux représentants de l'Afrique (avec l'Egypte) est donc attendu avec une certaine impatience. Il a pour cadre le stade San Siro de Milan qui a fait sa toilette et même un peu plus que cela pour l'occasion (80 000 places assises, toit rétractable, mais pelouse qui n'a rien d'un jardin anglais).
L'Argentine part favorite même si on ne lui accorde guère de chances de conserver son titre en raison notamment de son sélectionneur Carlos Bilardo dont les choix tactiques et "l'appréhension" du football ne témoignent pas d'une personnalité conquérante.
En face, le Cameroun se débat dans un folklore chronique : les joueurs sont en guerre contre leurs dirigeants et l'entraîneur soviétique, un illustre inconnu (Valeri Nipomniachi) présente, la particularité de ne pas pouvoir communiquer directement avec les joueurs.
Ils disposent par contre d'un gardien exceptionnel, N'Kono.
Au plan du jeu, rien d'essentiel à signaler mais, pour les émotions fortes c'est autre chose.
Brutale en défense et manifestement craintive, l'équipe camerounaise cherche à hacher menu son adversaire et termine la rencontre à neuf sous l'autorité inflexible de l'arbitre français Michel Vautrot qui applique sans faiblesse les nouvelles recommandations de la FIFA.
Mais si elle sort du terrain avec neuf joueurs seulement elle le quitte la tête haute avec une victoire (1-0) qui marque les lacunes terribles de l'Argentine et ses limites.
Dans ce groupe l'URSS est la principal victime d'un mal qui fait fureur tout au long de la compétition : les erreurs d'arbitrage dont le nombre grandissant et la succession provoqueront une réelle prise de conscience au sein de la direction de la FIFA. Contre l'Argentine les Soviétiques sont "volés au coin du bois" ce qui ne constitue pas une nouveauté pour eux puisqu'en 86 déjà ils doivent quitter la compétition sur deux erreurs de l'homme en noir qui "offre" la victoire à la Belgique en huitièmes de finale.
Empêtrés dans leurs problèmes existentiels, les Pays-Bas sortent de la compétition san avoir gagné un seul match, deux ans après un championnat d'Europe superbe.
L'équipe d'Italie qualifiée d'office en tant que représentante du pays organisateur ainsi que le veut la coutume est basée à Rome, tandis que les trois autres matches du groupe A (l'Autriche, les Etats-Unis, la Tchécoslovaquie) ont lieu à Florence.
La Squadra Azzura porte l'espoir de tout un peuple, de toute une économie et chacun prie pour qu'elle parvienne au moins en finale pour assurer le succès de l'épreuve.
En cas contraire on ne jure de rien.

L'Italie vient de gagner les trois coupes européennes de clubs avec Milan AC, la Sampdoria de Gênes et la Juventus de Turin. C'est la preuve d'une formidable vitalité même si ces trois succès sont partiellement acquis avec le concours d'une colonie étrangère de très grande qualité ( Rijkaard, Gullit, Van Basten, Katanec, Aleinikow, Rui-Barros entre autres).
La Squadra Azzura n'est pas de celles dont on fait une championne du monde.
La rigueur est toujours là, le souci du geste défensif toujours assuré mais il manque ce raffinement et cette flamme qui permettent de changer de catégorie.

La RFA a moins de problème avec un super Matthaus qui dynamite la Yougoslavie 4 à 1.
A défaut d'une vraie grande équipe l'Italie se découvre un Toto, Schillaci de son nom, au regard de feu, un buteur providentiel tombé du ciel de Sicile. Il n'est ni élégant, ni charismatique mais il marque. Et c'est bien là le principal : un but contre l'Autriche un autre contre la Tchécoslovaquie un contre l'Uruguay (8ème) un contre l'Eire (quart) un contre l'Argentine (demi) et un, enfin, contre l'Angleterre (match de classement)
Six buts qui font de Toto Schillaci l'un des hommes du Mondiale 90 qui secrète les héros qu'il peut.
Le Brésil ne fait pas grosse impression, son équipe qui n'a pas réussi à gagner en 1982 et 1986 en proposant un jeu offensif, se recroqueville dans une prudence excessive.
Carlos Mozer anime la défense, mais les attaquants ne brillent pas outre mesure, à part Careca un peu seul, et Muller qui marque deux buts.
Les trois victoires sur la Suède, le Costa Rica et l'Ecosse sont assurées par le minimum et les Brésiliens se heurteront à une Argentine plus réaliste en huitième de fianle.

Un à zéro pour les co-équipiers de Maradona sur un but de Caniggia..
Déception avec les Pays-Bas, Champions d'Europe 1988 qui s'inclinent contre la RFA après l'expulsion de Rijkard.
Rien à vrai dire dans cette Coupe du monde n'incite au rêve ou à l'extase.

Certes le Cameroun, son formidable esprit et son étonnant Milla, sont fêtés partout où ils passent, certes l'Allemagne suit sa route avec cohérence entraînée par un Matthäus qui est à son zénith et qui sera ballon d'or à la fin de l'année.

Mais on reste sur sa fin durant ce mondial où Maradona gère plus le jeu de l'Argentine qu'il ne l'anime.
Du reste, les Argentins jouent avec Caniggia en pointe, Maradona à la baguette et tout le reste derrière.
La superbe prestation du Cameroun et le comportement non moins remarquable de l'Egypte ne passent pas inaperçus et valent au continent africain d'obtenir un troisième représentant - au lieu de deux - lors de la Coupe du Monde de la FIFA suivante, en 1994.
En quart de finale, le vieux "lion" Roger Milla et ses équipiers camerounais sont battus après prolongations par l'Angleterre (2-3), alors qu'ils mènent 2-1 à dix minutes de la fin du match.
Salvatore Schillaci, plus connu dans son pays sous le sobriquet de " Toto ", galvanise une équipe d'Italie qui, si elle pratique un football agréable, manque singulièrement d'efficacité offensive.
Schillaci emmène presqu'à lui seul l'Italie en demi-finale.
Là, cependant, la Squadra Azzurra s'incline aux tirs au but face à l'Argentine, n'ayant encaissé en tout que deux buts en sept matches.
Le bourreau des Italiens n'est autre que le gardien argentin Sergio Goycochea, incorporé dans l'équipe pour remplacer Nery Pumpido, gravement blessé (double fracture du tibia).
Dernier rempart d'une équipe argentine en mal d'inspiration mais toujours opportuniste, Goycochea se montre décisif d'abord contre le Brésil en huitième de finale, puis lors de l'épreuve des tirs au but en quart de finale contre la Yougoslavie et, enfin, face à l'Italie en demi-finale.
Le but de Toto Schillaci n'aura pas suffi.
L'Argentine va donc rencontrer l'Allemagne, qui s'est qualifiée avec des victoires sur la Yougoslavie (4-1), les Pays-Bas (2-1), la Tchécoslovaquie (1-0) et l'Angleterre (1-1 à la fin du temps réglementaire et 4 tirs au but à 3).
Toujours aussi réaliste et bien organisée, la sélection allemande se hisse en finale pour la troisième fois d'affilée.
La finale est le remake de 1986.
« Chez lui », Diego Maradona pense à un deuxième sacre consécutif. Mais l'équipe de Franz Beckenbauer n'en démord pas et veut sa revanche de 86.
Beaucoup plus forte que l'équipe sud-américaine, la Mannschaft ne se laisse pas intimider par les coups qui pleuvent côté argentin.
Déjà privée de trois titulaires suspendus (Olarticoechea, Giusti et Caniggia), l'Argentine va perdre Monzon et Dezotti, expulsés par l'arbitre mexicain Monsieur Codezal.
Le score est de 0-0 quand à la 85eme minute se joue le dénouement : Sensini accroche Voller pour un penalty généreux.
Andreas Brehme crucifie l'excellent gardien Sergio Goicoechea qui ne peut rien faire pour arrêter le pénalty extrêmement contesté que l'arbitre mexicain, M.Codesal Méndez a accordé.
Maradona, furieux, va pleurer toutes les larmes de son corps.
Bien entraînés par Franz Beckenbauer, l'ancien capitaine de l'équipe championne du monde en 1974, les Allemands comptent dans leurs rangs des joueurs de grand talent comme Matthäus, Brehme, Völler, qui jouera plus tard à l'OM,, Klinsmann, Köhler et Hässler.
En remportant leur troisième titre mondial, les Allemands qui viennent de se réunifier rejoignent à leur tour le cercle très fermé des triples vainqueurs de la Coupe du Monde de la FIFA