Lorik Cana, l'homme de parole, droit franc et généreux

Lorik Cana nait le 27 Juillet 1983 à Pristina, dans l’actuel Kosovo.
Il a neuf ans en 1992 quand sa famille fuit le pays déchiré et s’installe en Suisse.
Son père Agim Cana joue à Montreux, et Lorik intègre les équipes de jeune du FC Lausanne-Sport2. .

A 17 ans, en 2000 lors d’un tournoi en Espagne, le Paris Saint-Germain profite d'un problème administratif de visa avec Arsenal pour lui faire passer une semaine au Camp des Loges.
Antoine Kombouaré qui s'occupe de l'équipe réserve est séduit par le joueur et l'homme et il intègre le centre de formation.

On lui fait signer un contrat espoir.
Cana : « Antoine a été extraordinaire avec moi. Ma situation faisait peur au PSG. Pendant des semaines, j'ai été en situation irrégulière ».
Grâce à lui, il régularise sa situation et voit sa famille arriver.
Luis Fernandez le fait monter en équipe première en 2003 pour suivre quelques entraînements, puis en avril 2003, Lorik joue son premier match contre le FC Nantes (1-1), qu'il ne sait pas encore qu'il rejoindra 12 ans plus tard.

Il est titulaire pour les trois derniers matches à l’extérieur du club parisien et il se retrouve international albanais dès la fin de saison.


Durant la saison qui suit, Vahid Halilhodzic remplace Fernandez et lance le jeune milieu de terrain albanais.
Le Bosnien fait confiance à Cana, qui forme un duo de récupérateurs avec M'Bami.
Il termine vice-champion de France et gagne la Coupe de France.

Avec la Ligue des champions, il aligne des performances solides.
Le PSG tourne moins bien mais Cana reste un indiscutable titulaire..

En 2005-2006, avec Laurent Fournier comme entraîneur, Lorik Cana passe les premiers matchs de championnat sur le banc de touche.
Dès que l'OM se signale, Lorik Cana part à Marseille pour 3, 5 Millions d'Euros.
Il joue son premier match sous le maillot olympien contre Ajaccio le 27 août 2005.
Il joue 28 matchs de championnant pour sa première année sous les couleurs olympiennes et marque le but de la victoire face au PSG.

Pour la saison suivante 2006-2007, il est un élément clé du groupe d'Albert Emon, et porte à deux reprises le brassard de capitaine.
Il prolonge son contrat jusqu'en 2012, et est promu vice-capitaine de Habib Beye, puis capitaine après le départ de ce dernier, fin août 2007.
Il joue les deux fianles de coupe perdue contre le PSG (2006) et Sochaux (2007).

Lors de la saison 2007-2008, il joue ensuite au poste de défenseur central sous les ordres de Gerets et participe pour la deuxième fois de sa carrière à la Ligue des champions, et à la totalité des matchs de phase de poules ainsi qu'en Coupe UEFA.
En Ligue 1, Cana joue 34 matchs, inscrit deux buts et fait trois passes décisives et en 2008-2009, l'OM manque de peu le titre avec Cana comme capitaine.
Il joue 27 fois en Ligue 1 et 12 fois en Coupe d'Europe.


En juillet 2009, Lorik Cana est transféré à Sunderland pour 5,6 millions d'euros et un contrat de quatre ans.
Il devient capitaine nommé par Steve Bruce, le premier étranger à devenir capitaine d'un club de Premier League dès sa première saison.
Cana joue 35 matchs toute compétition avec le club anglais.

Cana signe pour quatre ans à Galatasaray en 2010 et marque son premier but de la tête pour Galatasaray contre Eskisehirspor .
En 2011, il signe à la Lazio Rome et marque son premier but en Serie A contre Lecce le 10 décembre 2011.

Il remporte la Coupe d'Italie 2013 en battant l'AS Rome en finale 1-0.

Les tifosi de la Lazio l'appellent le "guerrier" et adorent son mental de combattant, comme c'était le cas au PSG et à l'OM.
En 2013-2014, celui qui parle sept langues joue souvent en défense centrale.

En août 2015, il signe au FC Nantes pour deux saisons.


Lorik Cana opte pour l'Albanie, alors qu’il avait également le choix de représenter les couleurs de la Suisse ou de la France, son choix du cœur.

Il connait sa première sélection le 11 juin 2003 en Suisse (défaite 3-2).

Par la suite, il devient capitaine de l'Albanie et en 2014, le joueur albanais ayant le plus de sélections de toute l'histoire.

Le 11 octobre 2015, à la suite d'une victoire sur l'Arménie, les albanais se qualifie pour l'Euro 2016 pour la première fois de leur histoire.

Après s'être engagé en faveur du FC Nantes en toute fin de mercato, Lorik Cana arrive à la Jonelière, après avoir disputé deux rencontres internationales avec l'Albanie.
Et l'ancien défenseur de l'OM confirme qu'il avait bien reçu une proposition de la part du club phocéen.

"Si l'OM m'avait contacté une ou deux semaines avant, ça aurait pu se faire, a avoué le joueur qui arrive en provenance de la Lazio Rome. C'est mon club de cœur. Mais j'avais donné ma parole au président Kita. Maintenant, je suis focalisé sur le FC Nantes."
Lorik Cana se confie au Phocéen avant Nantes - OM:

Lorik Cana : "Rencontrer l'OM, depuis que j'y suis passé, c'est la première fois. C'est mon club, ça va faire bizarre. En plus il y a pas mal de gens avec qui je suis encore en contact qui travaillent au club donc ça va être particulier".

"Quand je donne ma parole, je la respecte.C'est juste simple. Les supporters de l'OM ont appris à me connaître et m'aimer parce que j'ai toujours donné tout ce que j'avais sur le terrain et j'ai démontré en dehors que j'aimais ce club et que je le supportais. Dans tout ce que je fais au quotidien, je suis guidé par le fait d'être droit, franc et généreux. Remettre en cause ces choses-là irait à l'encontre de ce que les Marseillais ont appris à aimer de moi. Je pense que c'est pour ça qu'ils ont compris pourquoi je n'étais pas revenu. Même si c'était dans les dernières heures du mercato, ça a été difficile de dire non. Ca faisait six ans, il n'en avait jamais vraiment été question avant. Ca aurait pu se faire mais il faut dire la vérité : ça m'a fait plaisir de recevoir un appel du président de l'OM, mais j'avais déjà donné mon accord à Nantes. Une parole est une parole on ne revient pas dessus".

"J'ai deux grandes fiertés. L'équipe nationale tout d'abord, qui n'est pas comparable à un club. Qualifier mon Pays pour l'Euro, c'est la chose la plus extraordinaire que j'ai eue dans ma carrière. Mais ce qui me marquera aussi, c'est mon passage à Marseille. Déjà parce que je supportais le club quand j'étais petit. De pouvoir en porter le maillot un jour et en être le capitaine, c'était un vrai rêve qui devenait réalité. Les plus belles années de ma carrière, c'était à Marseille. C'est incomparable, même si j'ai pas mal bougé".
"Ces années-là, on a beaucoup progressé au fil des saisons. On est reparti sur un projet totalement nouveau et ça avait bien pris. Chaque année on faisait un petit pas en avant et on commençait à redevenir une équipe capable de rester dans la durée sur le podium en championnat, de lutter pour le titre tout en jouant sa chance en coupe d'Europe. Malheureusement on n'a pas réussi à passer les poules en Ligue des champions, mais on a fait un quart de finale en UEFA, deux huitièmes de finale. Ce doit être le quotidien dans un club comme Marseille. On avait trouvé un équilibre. Les souvenirs du coup, il y en a énormément.
.."

"Ceux qui m'ont impressionés à l'OM, on va dire d'abord Franck Ribéry, au niveau de la qualité et du potentiel, c'était vraiment très fort. Il avait non seulement la folie mais aussi le caractère pour jouer à l'OM. Il faut être quelqu'un de particulier pour jouer à Marseille. Samir Nasri, malgré son jeune âge, avait un potentiel extraordinaire. Et puis Mamadou Niang, qui était vraiment un phénomène. Je pense qu'il était énormément sous coté au niveau européen. Il était à chaque fois dans les meilleurs attaquants du championnat. L'année d'après, c'est d'ailleurs un des grands instigateurs du titre. Pendant toutes ces années, il a porté le poids de l'attaque de l'OM sur ses épaules".

"La cause de mon départ de l'OM, ce sont des décisions dans le club, des changements, avec l'entraîneur, le président, et moi je ne me voyais pas continuer sans cette stabilité-là".

"Je pense que j'avais mon mot à dire dans ces choses-là, surtout après quatre belles années, en ayant remis le club dans la stabilité, dans le haut du classement. Donc c'est moi qui avais fait la démarche pour m'en aller et je n'ai jamais derrière fait le pas pour revenir. J'ai suivi chaque saison pourtant derrière. Et si je regrette de ne pas avoir été champion avec l'OM, j'étais le premier heureux quand ils l'ont été la saison suivante."

"Le soir du titre de l'OM en 2010, j'étais chez moi, en Angleterre. J'étais avec des amis. Je m'en souviens très bien. J'ai regardé le match en essayant de vivre le moment. C'est sûr que tu préfères le vivre en tant que joueur. Mais le plus important, c'est que le club gagne".

"Pour l'effectif actuel, je ne suis pas complètement objectif, les joueurs, j'en connais très peu. Mais par rapport à leur projet de carrière, avoir beaucoup de joueurs en prêt, ce n'est pas l'idéal. Mais l'OM a beaucoup de qualité, de potentiel. C'est une équipe qui a eu beaucoup de ventes, d'arrivées, ce n'est pas facile. Je sais qu'il y a une gestion à faire qui ne permet pas de faire ce que l'on veut mais c'est un discours qui n'est pas facile pour les supporters. La situation est compliquée, mais j'ai vu jouer l'équipe quelques fois cette année, je ne pense pas qu'il leur manque grand-chose. Après, en faire une équipe qui gagne régulièrement, qui joue le podium, il faudra du temps. Mais ils ont un entraîneur qui a beaucoup d'expérience".

"A Nantes, Ils sont assez jeunes, donc ils me chambrent gentiment pour le match contre l'OM, ils n'osent pas exagérer. Mais c'est un match important pour nous qui peut nous permettre de recoller aux équipes bien placées dans la première partie de tableau".
"L'équipe nationale tout d'abord, qui n'est pas comparable à un club. Qualifier mon Pays pour l'Euro, c'est la chose la plus extraordinaire que j'ai eue dans ma carrière. "

Lorik Cana face à Kondogbia lors de la victoire de l'Albanie face à la France (1 - 0).