Raymond Goethals, la science, il repose au plat pays de Brel

bonus paris sportifs
Avec Nos frères Belges...et une pensée pour Raymond
Entre 1991 et 1993, Raymond Goethals a – presque - tout gagné avec l’OM.


Avec la mer du Nord pour terrain vague.
Comment parler de la Belgique et de la Belgitude sans faire référence au Plat Pays de Jacques Brel ?

Comment parler de la Belgique sans parler des cigarettes Belga et de Raymond Goethals ?
Car, si pour les Marseillais, tout cela se trouve bien plus au Nord que le Nord, la sympathie existe entre nous, gens du sud, et ces gens là, qui ont au fond du cœur le soleil qu'ils n'ont pas dehors. Car Raymond qui nous a quittés il y a 5 ans est un fils éternel de la cité phocéenne, depuis qu'il a gagné le titre suprême, la Champions League, la Coupe aux grandes oreilles. Celle-là, il ne faudra pas lui enlever, et elle fait de lui l'entraîneur le plus titré de l'OM.
Il ne peut pas y avoir mieux.
Né en 1921, c'est à 72 ans qu'il a connu le plus grand succès de sa carrière. Avant d'en arriver là, le petit Raymond, né à Bruxelles avec des parents pas du tout sportif, réussit une carrière de gardien de but honorable au Daring de Bruxelles, débutée au plus mauvais moment, en 1939.

Mais c'est comme entraîneur que Raymond la science allait acquérir ses titres de noblesses. Influencé par Pierre Pibarot et Pierre Sinibaldi (tiens un Marseillais), il prit exemple sur Anderlecht et sa défense en ligne quand il prit en main la petite équipe de Saint-Trond qu'il amena à la seconde place du Championnat en 1966. C'est là qu'il utilisa le piège du hors jeu qui allait faire sa réputation quand il sut prendre à son propre piège le MIlan AC, une première fois en 1991.
Entre-temps, il y eut l'équipe de Belgique avec laquelle il connut la fabuleuse Coupe du Monde de 1970, une Coupe des Coupes avec Anderlecht en 1978 et les titres de champions avec le Standard. Bien sûr, il y eut quelques carabistouilles, mais Raymond on le sait bien, eut toujours du mal à dire non.

C'est à Bordeaux, qui avait donné du fil à retordre à l'OM en 1990, que Bernard Tapie alla le chercher quand l'aventure Beckenbauer commençait à tourner au fiasco (défaite 4 à 0 à Auxerre). Raymond fit le nécessaire pour transformer un OM à problèmes en OM à réactions qui élimina le grand Milan AC, puis le Spartak Moscou mais échoua en finale face à l'Etoile Rouge de Belgrade, car Raymond avait trouvé plus malin que lui. A ce jeu du qui perd gagne, personne ne perdit mais Manu loupa son tir au but et Bari fut une morne plaine.

Un moment mis sur la sellette, on lui colla Ivic dans les pattes, mais le Belge est résistant, et il revint au pouvoir pour son chef d'œuvre de Munich avec sa garde noire qui bloqua toutes les issues devant un jeune gardien en état de grâce. Puis vint la tête de Basile le bienheureux... Cette année-là, en se levant de son strapontin, Raymond se prit une belle gamelle à Glasgow qui fit rigoler tout le banc, mais il se releva pour triompher à Munich, car un Raymond, ça ne se couche jamais.

Alors, il quitta la scène et s'en retourna dans son plat pays pour gagner un repos bien mérité, non sans avoir fait de son fils un arbitre international. On ne peut évoquer Raymond sans oublier sa propension à écorcher les noms des joueurs d'Alen Bozic à Dragan Stokefiche avec un accent Bruxellois à couper au couteau.

C'est le 6 Décembre 2004 qu'il nous quitta, funeste année pour l'OM qui perdit une Coupe de l'UEFA mais aussi Lucien Leduc, le légendaire Jean Robin et l'icône Mario Zatelli, comme pour signifier que les grands hommes ne partent jamais tout seul.
Il repose en paix dans les brumes du nord, mais à Marseille, on ne l'oubliera jamais, et la Bonne Mère veille sur lui..