OM Olympique de Marseille

Coupe de France 1987 Bordeaux - OM 2 - 0

10 Juin 1987 Parc des Princes
Bordeaux bat l'OM 2 à 0 (1 - 0)

Arbitre Mr Vautrot 45145 Spectateurs
Buts Fargeon (14eme), Vujovic (88eme))
Bordeaux - Dropsy - Thouvenel, Roche, Specht, Zoran Vujovic - Girard, Tigana, Touré, Ferreri - Fargeon, Zlatko Vujovic -
OM - Bell - Galtier puis Cubaynes (53eme), Domergue, Forster, Bade -Passi, Laurey puis Genghini (46eme), Sliskovic, Giresse - Diallo, Papin
Article France Football
Il n'y a, en ce 10 Juin, ni pire, ni meilleur.
Alors que l'on s'attend à voir une équipe marseillaise d'attaque désireuse d'entamer le bloc girondin et de le faire douter, on découvre un O.M. construit trop défensivement et assez mal inspiré dans l'ordonnancement de son jeu.
Ce ne serait pas dramatique, dans un premier temps si, dans la suite d'une reprise de volée dévissée de Papin (8e), la défense centrale marseillaise ne commettait une grosse erreur de placement, permettant à Ferreri de placer une accélération et de lancer Fargeon dans le désert vert.
Le fils de Zorro va très vite et, arrivé devant Bell, Domergue sur son porte-bagages, il tire une première fois sur le brillant gardien, qui repousse le ballon. Celui-ci pourrait s'évacuer vers une aile, monter vers le ciel, apprivoiser un Olympien.
Mais, non, il revient sur Fargeon qui, dans un reflex instantané, sur un plongeon horizontal, le propulse de la tête dans la cage.
Quatorze minutes à peine que l'on joue et, déjà, l'ouverture du dernier acte.
L'O.M. a creusé sa tombe contre une équipe bordelaise sûre de son affaire, confortée dans ses choix et jamais aussi redoutable que quand le champ s'offre à elle.
Gigi n'est pas maltraité. "Nous avions choisi de laisser Alain s'exprimer dans son secteur de jeu. Mais ce choix n'était pas fou.
Il impliquait simplement qu'on l'isole de ses partenaires et en particulier de Sliskovic avec lequel il aime manoeuvrer. "(Aimé Jacquet).
Pour redonner du nerf offensif à son équipe, Banide remplace Laurey et Galtier par Genghini (46e) et Cubaynes (52e).
L'O.M. rétablit enfin l'équilibre tactique, devient plus constructif et redonne de l'intérêt au match.
Il s'offre des occasions (deux coups francs de Sliskovic, 53e, 58e ; centre de Giresse relâché par Dropsy, 59e ; action Diallo-Sliskovic, 79e) mais ne possède plus la justesse de ton, le caractère inventif qui étaient les siens trois mois plus tôt.
A l'image de Papin devenu très bref.
A l'image de Domergue, très aventureux dans ses tâches défensives.
Deux minutes avant la fin, alors que l'O.M. court encore après son égalisation, Bordeaux place sa botte d'Aquitaine, qui vaut celle de Nevers.
Thouvenel, après un relais avec Touré, s'offre un voyage sur l'aile droite, pique le long de la ligne de but et,  d'un centre en retrait judicieux, offre à Zlatko Vujoic l'occasion d'un plat du pied victorieux.
Ce qui fait 2-0, le bonheur intégral d'Aimé Jacquet.
Et sa fureur : "Je n'hésite pas à dire que   l'on a été injuste et parfois irrespectueux vis-à-vis de Bordeaux, en lui adressant des critiques injustifiées. Mon équipe n'est pas triste, elle n'est pas défensive et elle ne joue pas à l'économie.
Elle applique seulement des principes de rigueur et de continuité. Et elle gagne, en recueillant les fruits de son travail. "
Bernard Tapie, lui non plus, n'est pas très content. Mais pour d'autres raisons.

Il attendait un O.M. conquérant et il n'a vu qu'un O.M. adolescent. "Finalement, nous en sommes au même plan que Montpellier : nous faisons partie des vingt clubs de division I.
Vous voulez notre sentiment ?
Un peu de soleil marseillais dans le vin girondin et un peu de nectar bordelais pour accompagner la bouillabaisse, ce serait parfait.
Le seul vrai problème est que Bordeaux est content de sa recette. Laquelle lui a donné le premier doublé de son histoire

Et peut-être pas le dernier.