OM Olympique de Marseille

1947/1948 L'OM Champion à Sochaux

30 Mai 1948 Stade Bonnal à Sochaux
l'OM et Sochaux 2 à 2 (1 - 2)


BUT Pironti 39eme Jacques 42eme Tichy 43eme Bihel 85eme
Arbitre Mr Maitre, 10400 Spectateurs
OM Libérati - Dahan, Rodriguez, Salem - Bastien, Scotti,- Nagy, Robin - Martin, Bihel, Pironti, Entraineur Zilizzi
SOCHAUX Dessonet - Pedini, Pironi, Rachinsky - Sikora, Tellechea - Humpal, Tichy, Courtois, Gardien, Jacques

Pas plus à Sochaux qu'à Metz ou à Paris, l'O.M. n'apporta la pleine justification de son classement. Peut-il croire que la valeur de l'équipe n'est évidente et prédominante qu'au Stade Municipal du Prado ?
Devant 10.400 spectateurs (recette : 1.200.000 francs) Sochaux s'attribua la plus grande part du jeu constructif et des essais au but.
Dès les 3e et 4e minutes, Courtois, le vétéran, qui fêtait dimanche son 36 anniversaire, et Gardien, le débutant qui n'a pas 20 ans, mettaient en alerte le gardien marseillais Liberati. Puis l'avant centre de l'OM, Bihel, commençait la série obstinée de ses efforts de contrôle du ballon, de redressement des axes d'attaque et de coordination du jeu.
Rien de vraiment efficace ne fut pourtant obtenu à la suite de ces tentatives, hormis, à la 21e minute, une passe inversée de Robin à Pironti, tellement réussie et inattendue qu'elle surprit à contre-pied toute l'arrière-défense sochalienne, et même Pironti, puisque l'ailier gauche marseillais tira, d'une position facile et sans nul adversaire, à côté du but.
Pironti fut plus précis à la 39e minute quand sur travail préparatoire de l'ailier droit Martin et double hésitation de Pironi et Dessonet, il logea de près le ballon dans le but vide.
Mais, entre temps, les Sochaliens s'étaient pour ainsi dire fait la main sur l'incertaine arrière-défense marseillaise ; ils avaient obtenu des coups de pied de coin, pressé Rodriguez et Salem, plusieurs fois mis hors de position ;
Aussi n'est-il pas étonnant que coup sur coup aux 42e et 43e minutes, des attaques parties de Courtois aient suffisamment dégagé le chemin du but marseillais, d'abord à gauche, par un tir victorieux de Jacques, puis au centre, par une reprise de volée de Tichy, et quui trouva aussi les filets marseillais.

La seconde mi-temps fut, dans son ensemble, un duel entre l'organisation de jeu sochalienne et la volonté farouche d'égalisation manifestée par les Marseillais.
Tandis que Humpal prenait de plus en plus figure de premier tireur local, alimenté en munitions par Jacques Tichy et surtout Courtois, la défense marseillaise secondait et parfois suppléait l'attaque.
Si Bihel tentait de surprendre Dessonet pour la reprise, de volée ou au rebond de longues balles à suivre, Bastien et Scotti prenaient place de temps en temps parmi leurs propres avants.
Toutefois la volonté offensive des défenseurs marseillais laissait une grande liberté de manoeuvre aux avants sochaliens et le camp méridional connut de grands périls.
A le 65e minute, un coup franc de Humpal, après faute de Dahan, s'acheva par une reprise de Tichy et un tir sur le montant droit du but gardé par Libérati.
Durant le dernier quart d'heure, l'OM jouant décidément le tout pour le tout, confia au seul Bastien, de temps à autre relayé par Dahan, le soin de la défense.
Rodriguez et Salem s'expatriant dans le camp sochalien, où un tir de l'arrière central s'écrasa sur la barre transversale.
A la 85e minute, la suprême offensive engagée par une passe de Bastien à Dahan, une course profonde et un centre en avant de celui-ci, une hésitation de Dessonet, une longue confusion et une poussée de la pointe du pied par Bihel
Les meilleurs joueurs furent Courtois, Humpal, Gardien, Jacques, Tichy (en première mi-temps), Rachinsky, pour Sochaux ; Bihel, Martin, Nagy (en première mi-temps), Bastien, Libérati (en fin de match)
Le plus énergique de tous fut Rodriguez. Il donne à ses partenaires, par son propre exemple, l'allant qui permit le redoutable assaut de la 89e minute.
Destructeur impitoyable et inlassable, luttant pour toutes les balles, afin de les détourner, fît-ce au prix de touches, corners, chandelles, faibles dégagements, du contrôle de l'adversaire
Trouvant sans cesse les ressources nécessaires à un nouvel effort, Sauveur Rodriguez est la vivante personnification de l'OM 1948, et le Championnat de France de son Club est aussi son propre Championnat de France.Enfin un renvoi hors du but du ballon, trop tard, affirme Bihel ; à temps, jure Pironi ; trop tard déclara le juge de touche M. Laurent, et à sa suite l'arbitrre M. Veyret, qui accorda à la 89e minute le but d'égalisation.
Le coup d'envoi, après une grande agitation sur le terrain, était à peine donné que l'ultime coup de sifflet retentit. La foule, mécontente de l'octroi du but, envahit le terrain, sans dommage pour les joueurs marseillais dont plusieurs, à l'exemple de Salem, de nouveau retourné à l'état de nature, se frayèrent un chemin à grands coups de pied et de poing, alors que leurs sécurité n'était nullement menacée.