OM Olympique de Marseille

1959/1960 L'OM domine le Red Star a Saint-Ouen

30 Aout 1959 Saint-Ouen ,
l'OM bat le Red Star 1 à 0 (0 - 0)

Arbitre Mr Bois 10606 Spectateurs

BUT TILLON (61')

OM FISCHBACH, RAMON, MOLLA, BEDELIAN, BRUNETON, PERI, DURAND, OLIVER, TILLON, ESCHMANN, AYGOUI Entraineur TROUPEL
RED STAR MOREIRA, NUNGESSER, BRUAT, ALLART, PENVERNE, LOUBIERE, CHICHA, FERNANDEZ, BOURBOTTE, BLIARD, BAILLEZ Entraineur HANCKE
Marseille se positionne pour la montée."M. Zaraya, vous avez eu raison", a dit le trésorier de l'O.M. à son président à l'issue du match contre le Red Star.
M. Zaraya avait, en effet, refusé de coupler son match avec Stade-Toulouse. Il avait jugé que le partage de la recette, proposé par les clubs de Division I, 70 0/0-30 0/0, rendait la mariée beaucoup trop belle au Stade et à Toulouse. il pensait que son affiche, à lui, valait bien l'autre : "Red Star-O.M., ça parle !"
Eh oui, ça parle !

Pour les anciens qui se remémorent, les matches avec Pinel, Aston, Simonyi, Mairesse, Kohut, Zatelli, Bruhin, Vasconcellos !
Pour les plus jeunes qui ont appris l'histoire des deux grands clubs et qui ont foi en leur équipe actuelle !
Il y avait en effet 4.000 spectateurs de plus pour ce match que pour celui de la veille.
Le trésorier de l'O.M. y a trouvé son compte.
Quant aux spectateurs -ceux qui ont vu les deux matches du moins -ils se sont beaucoup plus amusés dans la seule première mi-temps de Red Star-O.M. que durant toute la rencontre Stade-Toulouse.
Audoniens et Marseillais nous ont monré, pendant quarante-cinq minutes, un football alerte, bien conçu très plaisant, qui contrastait avec la lenteur toulousaine qui avait "clo roformé" le stade de la veille.
Le Red Star tenait à prouver que sa première place n'était pas usurpée et qu'il se posait en candidat sérieux à l'accession en fin de saison.
Derrière l'attaque, ce bon "saint-bernard" de Loubière besognait avec un dévouement sans borne pendant que Penverne appelait presque toutes les balles qui traînaient dans le camp du Red Star pour les renvoyer, distillées, vers un attaquant bien placé.
Et chacun des attaquants s'efforçaient d'être bien placés :
Bliard et Bourbotte tranchants comme des lames de couteaux et qui s'efforçaient de tailler en pièces la défense ;
Fernandez qui voulait s'infiltrer avec élégance dans les rangs marseillais ; Chicha qui trompait Bédélian, mais ne paraissait pas pousser ses actions à fond ; Baillez enfin qui pêcha, hélas ! par timidité.

Il semblait durant cette mi-temps que le Red Star dût s'assurer un avantage sérieux.
Et pourtant il n'y parvint pas.
- La défense marseillais bien groupée autour d'un Molla et d'un Bruneton impitoyables pour leurs adversaires ;
- de l'imprécision des tirs de Bourbotte et de Bliard dont les balles frôlèrent plusieurs fois les montants du but ou sa transversale ;
- du jeu un peu compliqué de Fernandez qui ralentit quelques attaques, de la timidité de Baillez
: quel beau mouvement avait été lancé par Penverne, développé par Bourbotte et Chicha, mais gâché par Baillez qui, ayant reçu une balle en or, tira comme un collégien !

Quand on ne prend pas une victoire qui s'offre, on est près de la défaite. C'est ce qui advint au Red Star.

Un dégagement de Fissbach parvint à Bruat. Celui-ci bloqua sa balle, puis se mit dans la tête de dribbler Tillon.
Le Marseillais ne s'en laissa pas compter, s'empara de la balle et fila vers le but, vainement poursuivi par Bruat, Nungesser et Allart. Son tir ne laissa aucune chance à l'acrobatique Moreira (62e minute).
Pauvre Bruat, il eu beau prendre sa tête à deux mains, s'injurier, l'erreur était commise ; elle fut irréparable, car Célestin Oliver quitta son poste d'inter pour venir "bétonner" et fermer définitivement la porte marseillaise aux Audoniens ; mais il ne "bétonna" pas stupidement.
On le vit souvent revenir en attaque et tenter même quelques-unes de ces volées qui firent sa gloire il y a quelques années ; mais les volées de Célestin, c'est aujourd'hui une vieille histoire.
Ce fut Bruneton qui faillit ajouter un deuxième but au crédit de l'O.M. son tir (violent) heurta la transversale, alors que Moreira était battu.
Si les Marseillais avaient joué l'an dernier avec le coeur qu'ils ont montré à Saint-Ouen, ils ne seraient sant doute pas actuellement en Division II.
Qu'ils continuent, que le Red Star continue aussi et ces deux équipes retrouveront bientôt leur place au soleil.