OM Olympique de Marseille

L'OM s'incline au Vélodrome contre le grand Ajax de Cruyff

20 Octobre 1971 Stade Vélodrome
Ajax Amsterdam bat l'OM 2 à 1 (1 - 1)

Arbitre Mr Schaut (Belgique) 48039 Spectateurs

Buts Gress (10e) Keizer (35e) Cruyff (59e)

OM Carnus – Lopez, Bosquier, Zvunka, Kula – Gress, Novi, Bonnel – Magnusson, Skoblar, Di Caro (Couecou 64e) Entraineur Leduc
Ajax Amsterdam Stuy, Swart, Hulshoff, Blankenburg, Krol, Muhren, Neeskens, Haan, Cruyff, Van Dijk, Keiser Entraineur Kovacs
C'est dans une ambiance exceptionnelle d'une part et excessivement euphorique d'autre part, qu'ont évolué les Marseillais et les Hollandais.
Climat excepté car, à la pluie de Chorzow avait succédé la chaleur de Marseille, le scénario pour le visiteur, minutage des buts excepté, mais chronologie respectée, aura offert quelques ressemblances...
Un but marqué par l'équipe qui reçoit et qui, dès lors, semble donner à la victime des ressources nouvelles qu'on retrouve dans la conservation du ballon dans son propre camp et l'utilisation des espaces offerts par l'adversaire.
En Pologne, le Marseillais le plus dangereux fut aussi le plus rapide : Di Caro.
A Marseille, ce fut Cruyff le Hollandais.
Johan Cruyff réalisa une prestation exceptionnelle et condamna une équipe Marseillaise qui montra ses limites à ce niveaux.

Il est regrettable que Cruyff se soit trouvé sous la seule surveillance de Zvunka, et plus grave encore que le capitaine marseillais n'ait pas habile Hollandais, mais l'ait laissé seul, quelques mètres derrière lui, et dans le camp adverse, ce qui excluait toute possiblité de hors-jeu.
JulesZvunka, Kula, Novi, Carnus, Lopez, Bosquier
Magnusson, Bonnel, Gress, Skoblar, Di Caro
Dans tout système défensif, il est impératif quand un joueur est isolé en pointe de le marquer de près pour lui interdire de prendre possession du ballon, et de faire face à ses opposants.


Il faut exercer également une proche couverture afin de le contrer le plus rapidement possible grâce à la supériorité numérique existante ou d'attendre que celle-ci se réalise, par un recul.
C'est de la prétendue évolution du libero dont la défense marseillaise a été victime.
Bosquier aux avants-postes, il était indispensable qu'un de ses partenaires prenne sa place.
En la circonstance, la responsabilité de Zvunka, capitaine, est importante, mais celle des entraîneurs également.
Il y avait eu des précédents.
Lors du premier match de championnat contre Lyon où Lacombe se retrouva en tête à tête avec Zvunka, puis face à Gornik.
Mais Lubanski ne possède pas le démarrage de Cruyff.
Déjà, au cours de la première mi-temps, cette liberté laissée à Cruyff qui se déplaçait sur le front de l'attaque était apparue assez inquiétante, mais les deux passes longues que Keizer lui adressa n'étaient pas assez précise ou aussi heureuses que le long dégagement de la seconde mi-temps qui passa au-dessus de Zvunka et fut récupérée par un Cruyff déjà lancé et qui ne fit qu'augmenter son avance.,
Ne ralentissant qu'au moment de la sortie de Carnus, Cruyff ne laissa pas passer cette occasion de prendre un avantage qui devait  s'avérer définif, bien qu'il restait une demi-heure de jeu (58e).Pourtant le match avait fort bien débuté pour l'O.M. qui avait eu la chance d'ouvrir le score sur un but heureux.
Gress déviant au passage un tir de Kula, qui avait hérité du ballon à la suite d'un coup franc pour une faute commise sur Di Caro.
Mener à la marque dès le 9e minute, c'était un démarrrage brillant qui ne fit que renforcer le soutien populaire dont bénéficiait les joueurs marseillais depuis plusieurs semaines.
Jamais un mach n'aura connu un tel battage.
C'était oublier que la majorité des joueurs hollandais connaissaient cette ambiance, en raison de leur habitude des compétitions européennes.
Ils n'auront pas de complexes ! disait leur entraineur, le Roumain Kovacs, avant le coup d'envoi.
En effet, le but marseillais ne les abattit pas.
Plutôt que l'aggravation de la marque par Marseille, c'est l'égalisation par Ajax que les événements laissaient pressentir. Ce fut d'abord un une-deux entre Keizer et Haan qui donna le frisson à Carnus (16e) suivi par un extraordinaire exploit technique de Cruyff qui, à l'intérieur de la surface de réparation, loba Lopez sur place avant d'adresser un court centre en retrait qui ne trouva aucun de ses partenaires. Ensuite, alors que les départs de Cruyff nécessitaient deux voire trois Marseillais pour le stopper, Keizer contraignit Carnus à lui plonger dans les pieds.
Surtout par Cruyff qui contra un dribble de Bosquier, Ajax multipliait les dangers.
Le numéro 14 s'enfonça vers le but marseillais. Crocheté aux abords de la surface, il obtint un coup franc. La position était idéale pour le gaucher Keizer qui brossa parfaitement sa balle de l'intérieur du pied gauche prenant Carnus en défaut
Le début de la seconde mi-temps ressembla à celui de la première, Bosquier se signalant par un débordement sur l'aile gauche, à la suite d'un relais avec Skoblar, et ce dernier voyant un de ses tirs en bonne position passer au-dessus de la transversale.
Cette pression de l'O.M. entraîna l'affaiblessement numérique de sa défense et le but de Johan Cruyff, spécialiste de ce genre de raids. Nous avons suffisamment stigmatisé l'attitude de Couecou pour lui rendre hommage en la circonstance. Dans l'énervement général, il sut garder son calme.A la 70e minute, de la droite, il effectua un centre aérien que la tête de Bonnel mit au-dessus, alors que Skoblar était peut-être mieux placé.
A son tour, Couécou ne put convertir un centre de Magnusson (74e) mais dans la minute suivante, après s'être débarrassé de deux adversaires il lança parfaitement Skoblar qui, parvenu devant le gardien hollandais Stuy lui tira dessus manquant l'occasion d'égaliser et de montrer aux joueurs d'Ajax que c'était une erreur de ne plus songer qu'à défendre.
La deuxième manche s'annonce difficile pour les Marseillais d'autant plus que l'élément de qualification ne serait pas la motivation principale. Résisteront-ils dans ces conditions à l'ambiance ?

Car le public hollandais aura été inévitablement préparé à soutenir son équipe.
Mais au retour, malgré l'ouverture du score par Couecou, l'OM s'inclinera par 4 buts à 1.

L' Ajax remportera la Coupe d'Europe en battant l'Inter de Milan avec deux buts du grand Johann Cruyff.