OM Olympique de Marseille

Nice - OM dimanche 20h45, le retourné de Pancho

Nice - OM dimanche à 20h45, histoire de ne pas mollir après Lorient.

OM - Nice, les souvenirs remontent à la surface.

Le club azuréen n'a plus connu les sommet de la gloire depuis plus d'un demi-siècle.
Il fut avec le Stade de Reims le grand club des années 50.

Quatre titres de champion (1951, 1952, 1956, 1959), un doublé en 1952 avec ce qui restera une des plus belles finales de l'histoire contre son dauphin Bordeaux (5 - 3) voir ci-contre..
Mais aussi une deuxième victoire en Coupe de France en 1954 contre l'OM.
Nice dans les années 50, c'était un jeu flamboyant, avec des artistes comme Yeso Amalfi, Antoine Cuissard, Antoine Bonifaci, Joseph Ujlaki, Ruben Bravo et l'emblématique luxembourgeois Vic Nuremberg qui réussit un hat-trick contre le grand Real de Di Stefano en Coupe d'Europe.(3 - 2, 0 - 4).

Mais aussi des gardiens d'envergure internationale comme Marcel Domingo, Dominique Colonna, Georges Lamia et l'incomparable Marcel Aubour.

Nice, c'était aussi un défenseur central argentin, Pancho Gonzales, célèbre pour son jeu en demi-volée, très prisé à l'époque où les défenseurs n'avaient pas le même soucis de relance qu'aujourd'hui.

Nice voulut renouer avec son passé dans les années 70 en recrutant des stars de l'époque comme Guillou, Huck, Jouve, Hervé Revelli, Van Dijk, Katalinsky et autres Bjekovic sans jamais arriver à enrichir son palmarès.
Car un certain Saint-Etienne s'ingéniait à priver les hommes du président Leuillet de tout titre.Nice, équipe de paradoxe, se permettant de perdre ses 5 premiers matches de la saison 1950/1951 avant de remporter le titre.
Capable de dominer les matches aller dans les années 70 pour se faire rejoindre comme le lièvre de la tortue.
Mais revenons à ce 23 Mai 1954 où l'OM va affronter Nice dans un stade de Colombes plein comme un œuf pour l'occasion.
Les marseillais un peu imprudents vont faciliter la tâche de leurs voisins de la côte d'azur.
Car leur car va être pris dans les embouteillages.
Voyons ce que racontait le France Football du mardi suivant:
"Lorsqu'ils arrivèrent aux vestiaires de Colombes, 40 minutes juste avant la rencontre, les joueurs marseillais et leur entourage étaient passablement nerveux.
Dame, leur autocar venait de tourner en rond durant trois quarts d'heure sans parvenir à franchir, faute de sésame officiel, aucun des barrages de police dressés aux alentours du stade.
Et ce ne fut qu'après mains palabres qu'il purent avoir enfin accès au stade, non sans difficultés...et en maugréant contre l'intransigeance de la police parisienne qui avait failli leur faire manquer la finale."
Dès le coup d'envoi, l'OM nerveux et fébrile encaissa deux buts en 11 minutes de Nuremberg et Carniglia.
La messe était dite.
Pourtant, avec une triplette Ben Barek, Andersson, Scotti, les olympiens se refirent petit à petit la cerise.
Résultat, les Marseillais, moins inquiétés en défense, attaquèrent avec plus de conviction et réussirent un but par Andersson, dans son style bien à lui, à 35 minutes de la fin.
Jusque dans les toutes dernières minutes du match, Nice put vivoter sur son but d'avance.
Il ne restait plus que deux minutes à jouer, l'OM attaquait en masse, jouant le tout pour le tout.
Salem, Gransart figuraient dans la ligne d'avants, et Scotti en une occasion se retrouva seul devant le but azuréen que Hairabédian avait déserté..
Roger plaça la balle où il fallait, mais c'est alors que Pancho Gonzales dans un geste époustouflant, effectua un retourné acrobatique pour dégager le ballon.
But, pas but, la controverse existe encore aujourd'hui pour les témoins de l'affaire.
Héla, il n'en reste plus beaucoup.
Ben Barek, Andersson et Scotti ont rejoint le paradis olympien.
Quant à Pancho Gonzales, après sa carrière d'entraîneur, il fit partie de l'équipe dirigeante de l'OGC Nice.

Son nom avait même été cité pour baptiser le futur stade Niçois, mais on l'a vite oublié.
Après cette finale, l'OM entra dans une longue nuit, faite de deux descentes en deuxième division avant de revenir à Colombes 15 ans plus tard pour y remporter sa 7eme Coupe de France avec le magicien Magnusson.

Les Niçois eux réussirent le paradoxe de remporter la Coupe en 1997 face à Guingamp (aux tirs au but) et de descendre en Ligue 2 la même saison.

Oh paradoxe!!!