OM Olympique de Marseille

Joseph Bonnel, le Poumon de l'OM et de l'Equipe de France

BONNEL Joseph
Né le 04 janvier 1939 à Florensac
1.71 m, 68 kg.
25 sélections
Débuts professionnels : le 15 août 1957 avec Montpellier à Perpignan (0-2).
Près de 600 matchs disputés en Professionnel

Ci-contre, la vidéo de la finale de la coupe 1969 où Jo fit marquer le deuxième but à Joseph.
Joseph Bonnel, "Jo" pour ses amis, est un peu un cas.
A 33 ans il a atteint sa plénitude et n'a sans doute jamais été aussi bon qu'à la grande époque de l'OM, de 1971 à 1973.
Sa présence au sein de l'équipe marseillaise était devenue indispensable, et quand, pour une raison ou une autre, il lui arrivait -c'était assez rare- de manquer un match, l'OM ne tournait pas comme d'habitude.
"Bonnel, disait souvent le regretté Mario Zatelli, c'est le moteur de l'O.M.
Enlevez-le et vous vous rendrez compte que le moteur a des ratés inhabituels."
Voyez ce que disait Football Magazine au début de la saison 1972/1973.
Il est vrai que depuis son arrivée à Marseille en 1967, Bonnel a pris une part prépondérante dans l'irrésistible ascension vers la gloire et les sommets du club phocéen.
Travailleur infatigable, il est au four et au moulin pendant 90 minutes. De plus, il est également capable de jaillir au bon moment pour marquer un but décisif.
A ce sujet, personne n'a oublié au Stade Vélodrome que c'est lui qui a ouvert à l'O.M. les portes de sa finale de 1969 en terrassant le SCO d'Angers en demi-finale.
Durant la dernière intersaison, on avait murmuré sur la Canebière que l'heure de la retraite avait peut être sonné pour "l'inusable M. Jo".
En fait, l'ancien Valenciennois, toujours aussi fringant, a repris d'arrache-pied l'entraînement en juillet, et Kurt Linder a vite compris qu'il n'avait encore personne dans son effectif pour prendre sa place.
Et comme de bien entendu, Bonnel en se montrant l'un des meilleurs et des plus réguliers Marseillais, depuis le 9 août, a prouvé balle au pied, sur le terrain qu'il n'avait toujours pas de concurrent valable.
Il a été décisif contre la Juventus en Coupe d'Europe à Lyon en marquant le but victorieux.
C'est à Montpellier, le grand club le plus proche de son village natal, Florensac, que Bonnel effectua ses débuts.
Avec ses amis Guy Van Sam, Bourrier et Edimo il n'allait pas tarder à se faire remarquer.
Le Président du Club, le SOM était le Chanoine Bessede, un homme d'église et l'entraineur hervé Mirouze.
Résistant, bon technicien, doté d'un tir puissant, il devait faire ensuite les beaux jours de Valenciennes et de l'équipe de France.
Lui, le méridional il devint l'âme et le cerveau d'une équipe que Robert Domergue fit redouter dans tout l'hexagone.
Avant centre de pointe, ou de soutien, milieu de terrain offensif, le registre très complet et étendu de Bonnel lui permit de se montrer à son avantage à de nombreux postes.
Il rendit dans un rôle parfois ingrat, des services éminents à l'équipe de France dont il porta 25 fois les couleurs.
Certains regrettèrent qu'il ne fut plus sélectionné à partir de 30 ans, car, comme le bon vin, Bonnel n'avait jamais été aussi bon en prenant de l'âge.
Sa carrière aura été en tout cas exemplaire à bien des égards. Combatif, rageur, ne s'avouant jamais battu, dur avec l'adversaire, Jo est en dehors du terrain le plus charmant garçon qui soit.
Jo est aujourd'hui retourné à Florensac, son pays d'enfance.
Il vit entouré des vignes du languedoc.
Il fut entraîneur de l'OM en 1973 à la demande de Mario Zatelli mais il eut du mal à gerer des joueurs à fortes personnalités comme Magnusson, Skoblar, Bosquier et Tresor qui voulaient jouer tous les deux libéros.

Ci-contre, Jo marque le but du titre 1971 à Saint-Ouen contre le Red Star.

Il fut remplacé en cours de saison par Riera, mais passé ensuité à Beziers, il se paya le luxe de battre l'OM en Coupe de France.
Le 3 Février 1974, Beziers avec Bonnel comme entraineur joueur et un certain Jean Fernandez qu'il fit débuter, battit le grand OM avec un but de son avant-centre Albert durant les prolongations.
Il prit ensuite la responsabilité des Services des Sports de la ville d'Aubagne et entraina l'équipe locale durant plus de 10 ans.
Aujourd'hui, Jo porte un oeil attentif sur l'équipe de l'OM dont il estime qu'elle lui redonne du plaisir avec des joueurs dans la tradition olympienne comme Oruma et Ribery et sous la responsabilité d'un entraineur qu'il connait bien, Jean Fernandez, son jeune apprenti de Béziers.
Merci Jo pour ta carrière et ta grande disponibilité.
Interview Jo Bonnel

Jo a été le transfert record de l’été 1959.
Le milieu de terrain a été acheté par Valenciennes contre 32 000 000 millions d’anciens Francs, ce transfert a longtemps été le transfert record en France :

« J’étais heureux, ça m’a permis d’aider mes parents car j’ai touché 10% de mon transfert. Tu te rends compte 32 millions pour aller jouer ailleurs en l’occurrence à Valenciennes. C’était une somme conséquente à l’époque, c’est sûr que par rapport à aujourd’hui… Mais mon transfert a été un record quand même et cet argent n’était pas négligeable car il y a avait pas ou peu d’argent dans le foot à la fin des années 50, début des années 60»

Un mot sur le Foot et le Business

« A notre époque, il n’y avait pas vraiment d’argent en jeu. Mon transfert a été une exception. Aujourd’hui, l’argent dans le foot, c’est normal. C’est donc une évolution. Les joueurs doivent récolter une partie de cet argent. Desfois, ça paraît un peu indécent à cause de certains salaires ou autres chiffres qui sont révélés à droite et à gauche. Mais tant mieux pour eux. L’époque n’est pas la même non plus. Vraiment tant mieux pour eux après le reste… »

Un mot sur l’aspect Tehnique/Tactique/Physique du Foot

« A Valenciennes je me suis régalé car le jeu, la tactique, c’était le plus important. La tactique aujourd’hui est omniprésente, sur ce point il n’y a pas trop de différences. Je me souviens avec le coach à VA les séances d’entrainement, c’était quelque chose. Il fallait tout piger, assimiler ses consignes rapidement. Sauter les lignes, anticiper, travailler en une touche ou deux touches de balles pour gagner du terrain, effacer plusieurs joueurs, toujours anticiper. On répétait ces séquences de jeu des dizaines de fois ! En dehors de la tactique, c’est différent. A notre époque la prépa physique, mentale n’étaient pas aussi perfectionnées. Tu vois il y avait un entraineur pour tous les joueurs. Aujourd’hui, tu as des spécialistes pour tout partout et qui perfectionne le foot, ça a bien évolué. Ce sont vraiment des pros. On n’était pas préparé comme ça. L’aspect tactique, je l’admire toujours. Quand je vois jouer le Barça en une ou deux touches de balles, c’est sensationnel. Ils passent partout et sont de partout. C’est extra. »

Un mot sur le public

« Le football, c’était de la distraction. Le public nous soutenait tout le temps. Beaucoup de gens venaient nous voir. Tu vois à Valenciennes on se rappelle de moi quand j’y retourne ça fait toujours plaisir. J’ai vécu des matchs engagés notamment contre Raymond Kopa. C’était la fête dans le stade sur et en dehors du terrain. Tu n’oublies pas ces moments là. »

Un mot sur son passage au poste d'entraîneur de l'OM puis de Béziers

«En 73, j’arrivais en fin de contrat et Zatelli m’a demandé d’entraîner. Cela c’est mal passé. Je n’aurais pas du accepter car j’avais été joueur avec eux et là du jour au lendemain je les entraîne. Pour un match à Hannovre, je fais jouer Bosquier libéro et Trèsor stoppeur. Les deux voulaient être libéro…A partir de là il y a eu des conflits et les résultats ont été moyens et j’ai été sorti. Ce n’était pas plus mal car juste après j’allais dans un petit club, à Béziers chez moi, c’était sensationnel.

A l’AS Béziers en D2, cela a été un peu laborieux mais on a passé deux bonnes années avant que le club ne puisse plus payer les joueurs. La ville de Béziers n’avait pas d’argent et ne faisait rien pour en avoir à donner au foot. C’est un homme d’affaires litigieuses, avec un pognon monstre, qui tenait la baraque jusqu’à ce qu’il arrive à saturation. On allait se faire payer chez lui…

Il y a aussi eu cette fameuse victoire de coupe face à l’OM…Quelques semaine après être parti de l’OM pour Béziers, le tirage au sort des 32e nous oppose à eux en février 74. C’était la fête et en plus on les bat à Sète ! A la fin Magnusson est venu me voir en disant : « Jo je suis content pour toi d’avoir perdu». Je savais qu’il y avait un peu la panique au sein de l’OM et j’étais content de la foutre un peu plus. Surtout pour les dirigeants qui m’avaient viré