OM Olympique de Marseille

Auxerre - OM, Guy Roux, l'abbé des Champs

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A moins d'un miracle, un de ceux que renouvelait sans cesse un grand monsieur qui a marqué la légende du club bourguignon.
Comme il y a le club des villes, le PSG, il y a aussi le club des champs, l'AJ Auxerre.
D'ailleurs, son fondateur en 1905, l'abbé Deschamps, un nom prédestiné, a donné son nom au stade de cette petite ville de Bourgogne (38000 habitants).
Mais que serait ce club si un certain Guy Roux, modeste joueur amateur à Poitiers et à Limoges, n'en était pas devenu l'entraîneur à l'âge de 23 ans en 1961.

Pierre Flamion, son coach à Limoges, lui indiqua que trop lent, il aurait bien du mal à faire une carrière professionnelle, mais qu'il avait les qualités pour diriger une équipe.
Pendant 44 ans, jusqu'en 2005, il va devenir lui même l'abbé des champs, car il va se consacrer entièrement à son club, le faisant passer du ventre mou de la DH à un fabuleux doublé en 1996 et à la Coupe d'Europe, l'UEFA et plus tard la Champion's League.
Et quatre victoires en Coupe de France (1994, 1996, 2003, 2005).

C'est une véritable philosophie de jeu qu'il mit en place, avec l'accession en CFA en 1970, puis en division 2 en 1974, et enfin en 1980 en première division.
En 1979, l'aventure auxerroise prit une ampleur démesurée avec l'accession en finale de la Coupe de France contre Nantes (défaite 1 à 4 après prolongation.).
Élevant ses jeunes poulets au grain dans un remarquable centre de formation, il fournit au football français bon nombre d'internationaux, dont certains vinrent fleurir la légende olympienne.
Et parmi eux, un certain Basile Boli qui s'éleva au-dessus des défenseurs milanais pour offrir la consécration européenne au peuple marseillais.
Rien que pour cela, abbé Guy, la bonne mère veille sur toi.
Sans compter les Cantona, Prunier, Ferreri, Ferrer, Dutuel et autres Djibrill Cissé, tous élevés dans le sérail bourguignon.
Avec l'OM, il y eut le principe des vases communiquant, car c'est au moment où Auxerre grimpait dans l'élite que le club marseillais s’effondrait en D2, menaçant de disparaître un an plus tard.
Il fallut les minots et une remontée en 1984 pour que les deux équipes se rencontrent.
l'AJA s'imposa à domicile 4 à 2 avec des buts de Barret (16'), Szarmach(17' et 30'), Francini (20' c.s.c.) tandis que Zanon (15') et La Ling (47') marquèrent les buts marseillais
En 1989, l'OM obtint son titre de champion dans un match décisif au vélodrome contre l'AJA (2 – 0) avec un doublé de JPP, et un but copier/coller que Mamadou Niang dupliquera vingt ans plus tard face à Montpellier.
Cette même année, l'OM élimina l'AJA en demi-finale de la Coupe pour le deuxième doublé olympien de l'histoire.
Ce fut aussi une confrontation Boli/Papin qui obligera Gérard Gili à sortir son capitaine pour ne pas risquer l'expulsion.
Entre Basile et Jean-Pierre, ça avait chauffé, mais pas rancunier, l'auxerrois signera à Marseille un an plus tard.
Guy Roux se vengea en l'emportant aux tirs au but en 1996 au Vélodrome en demi-finale avec ce coup-ci un doublé pour lui à la clé.
Il finira sa carrière d'entraîneur à l'AJA en 2005 par une Coupe de France.


Jean Fernandez, autre passionné du football, prendra la succession de Guy Roux, après un intérim d'une année assurée par Jacques Santini.

En juin 2007, l'Abbé des champs sortira de sa retraite pour prendre en main le RC Lens mais il démissionnera deux mois plus tard, remplacé par ...JPP

Comme quoi, nul n'est prophète hors de sa campagne.

Il détient le record du nombre de matchs dirigés en première division en tant qu'entraîneur avec 894 rencontres sur le banc entre 1980 et 2007.
Il est maintenant devenu une figure populaire et médiatique du football français.
Finale 1979, Auxerre - Nantes, but de Mesones
Basile Boli est le symbole de l'OM pour sa victoire contre Milan.
Mais peut-être rien ne se serait produit si Basile n'avait été formé à Auxerre.
Merci à Guy Roux de nous l'avoir préparé pour cette historique triomphe.