Histoire des tactiques des équipes Olympiennes

Avec ses grands
entraîneurs
Otto Gloria, le Brésilien Mario Zatelli lucien Leduc
Raymond Goethals la science Marcelo Bielsa l'incomparable


OM, cent ans de tactiques.

Les schémas de jeu des équipes Olympiennes au fil du temps.
« Au début, le football se jouait à 10 devant, aujourd'hui, il se joue à 10 derrière ». On pense généralement que cette phrase fut écrite il y a peu, mais elle date en fait des années 1950. Ainsi, il conviendra ici de tordre le cou à certains clichés.

La première révolution tactique fut de passer du « dribbling » au « passing » entre 1860 et 1880. Avant cette date, le jeu consistait surtout à dribbler en solitaire les adversaires qui se présentaient, tandis qu'ensuite on découvre qu'une passe bien pensée peut mettre en difficulté toute une défense.
L'amélioration continue de la qualité des ballons et des terrains va contribuer à ancrer la passe dans la culture du football. Devant cette révolution, le législateur répliqua par la règle du hors-jeu qui empêchait les avants-centres de camper devant le but adverse. Avant les années 1920, il fallait non pas deux (un défenseur et le gardien, par exemple) mais trois joueurs entre la ligne de but et le joueur qui recevait une passe. L'avant-centre devait alors avoir encore de solides qualités de dribble afin de conclure une action. Cette période fut l'âge d'or des « numéros 9 ».
Après tous les tatonnements des années 1800, au début du siècle, c'est, semble-t-il, Nottingham Forest qui est à l'origine d'un nouveau système qui s'inscrit dans un 2 (arrières), 3 (demis), 5 (avants) qui a nécessité le repli de deux autres attaquants désormais positionnés au milieu de terrain.
Cela afin d'épauler le demi-centre dans l'entrejeu mais aussi pour permettre à ces milieux de reculer vers les ailes lorsque le jeu s'impose.
Cette combinaison, qui permet une organisation rationnelle des joueurs et qui lance aussi l'ère des ailiers, domine le football jusqu'en 1925 sans subir de profondes modifications.
On assiste simplement après guerre à un glissement de deux des cinq avants dans une position intermédiaire. Ils seront appelés les "inters".
C'est dans cette organisation que l'OM des années 20 va pratiquer, avec la victoire de 1924 obtenue avec Boyer et Crut les vedettes parisiennes recrutées comme inter et le petit Subrini comme avant-centre.
On voit l'importance des inters car ce sont les deux meilleurs joueurs Olympiens qui occupent ce poste.
En 1926 et 1927, Boyer retrouvera son poste d'avant-centre tandis que l'OM a recruté une qutre vedette, l'ailier Devaquez.
A l'OM, Cabassu le demi-centre des années 20 était l'organisateur du jeu.
En 1928, la règle du hors-jeu a été modifiée (en 1925 mais les équipes ont eu besoin d'adaptation à cette nouvelle règle). Désormais, si deux défenseurs (et non plus trois) se trouvent entre l'attaquant et la ligne de but adverse, l'attaquant ne se trouve pas hors jeu.
De cet aménagement, crée pour favoriser l'offensive, s'impose vite au sein des défenses l'apport d'un élément nouveau.
Le demi-centre qui recule d'une ligne : le fameux WM est né.
WM parce que ce sont les lettres que l'on peut lire si on trace une première ligne passant par tous les défenseurs (W) et une seconde traversant toute l'attaque (M)
Le jeu se compose de deux arrières latéraux, d'un défenseur central ("The Policeman"), de deux demis, de deux inters, de deux ailiers et d'un avant-centre.
En glissant en défense, le demi-centre a laissé vacant son poste de meneur de jeu pour un rôle plus ingrat.
Au début des années 30, à l'OM, c'est le cas de Trees (Anglais) et de Drucker (Autichien), mais c'est en 1935 que va s'imposer Ferdi Bruhin.
Au milieu, on trouve désormais un carré formé par les demis et les inters, appelé parfois "carré magique".
L'OM pratique le WM dès le début des années 30
Commentaire d'époque d'un match en 1931 contre le Club Français:
Marseille avait adopté la fameuse tactique en W, qui répartit l'équipe en cinq lignes dans le sens de la profondeur ;
le gardien, les arrières, les demis, les intérieurs et les trois avants, des ailes et du centre.
Cette disposition aida considérablement la tâche des demis, qui avaient besoin d'être soutenus, mais elle voua les avants à l'oubli. Alcazar surtout en première mi-temps, servit avec netteté et à propos son ailier Gallay, et celui-ci fournit tout le travail utile de l'attaque ; puis Alcazar, à force de se replier, se fatigua, s'usa et livra tellement combat pour la possession du ballon, qu'il n'eut plus de loisir de penser à Gallay. Boyer, au centre, a paru alenti, déprimé, désabusé ;
A l'aile droite, Durand fut parfaitement oublié par son intérieur, Schneebeli, qui n'a rien de l'avant à aucun point de vue.

Les attaquants marseillais sentaient si bien leur inefficacité qu'en seconde mi-temps ils permutèrent les uns avec les autres. Boyer passa intérieur droit, le pauvre Schneebeli devenant le conducteur de l'offensive : puis Boyer glissa jusqu'à l'aile, Durand occupant le poste d'intérieur. Et, dans la prolongation, Boyer reprit sa place d'avant-centre, Schneebeli étant relégué, exilé à l'aile droite.
L'OM se caractérise aussi par des arrières latéraux solides et bon défenseurs, les frères Conchy ou Ben Bouali, des demis travailleurs comme Rabih, Charbit, Olej, Bastien ou Gonzales et des inters soit résolument buteurs comme Aznar ou organisateur de jeu comme Eisenhoffer, Heiss ou Larbi ben Barek qui arrive en 1938.
Pour en revenir au WM, c'est à un Ecossais du nom de Johnny Hunter que l'on doit cette méthode, mais c'est Herbert Chapman qui sera le premier à la mettre en application avec son équipe d'Arsenal, à l'époque l'une des formations phares du Championnat Anglais.

Par la couverture du terrain qu'il propose et par la proximité des lignes entre elles, le WM offre de multiples combinaisons tactiques. La quasi-totalité des équipes l'adoptent.
Ensuite, le WM va subir des adaptations.
En Amérique du Sud, la "diagonale" en est un dérivé.
En effet, on découvre vite qu'opposé à lui-même, le WM se neutralise. Deux équipes s'alignant sous ce même système imbriquent fatalement leur jeu.
Le M de l'attaque correspond au W de la défense. Sans le savoir, le WM est à la base de l'invention du marquage individuel.
L'Uruguay Champion du Monde en 1930 était représenté sous la forme
2 3 5
Le demi-centre y avait une grande importance, mais la star de l'équipe était le demi droit Andrade.
Le WM n'est pourtant pas le seul schéma de jeu du moment.
La majorité du football autrichien et suisse évolue selon la tactique dite du "verrou", mise au point par Karl Rappan, ancienne gloire autrichienne reconvertie comme entraîneur.
Ce schema repose en premier lieu sur la présence d'un quatrième joueur défensif, en retrait des trois autres et libéré de tout marquage.
C'est lui qui verrouille la défense, la solidifie, en se plaçant comme un obstacle supplémentaire pour les attaquants.
Le rôle des arrières latéraux (qui peuvent se transformer en demi-aile) permet de posséder une forte assise défensive et une bonne capacité à évoluer en contre-attaque.

La Suisse pratique ce système à la Coupe du Monde de 1938.
En finale de la Coupe de France 1943, l'OM bat Bordeaux 4 à 0 après un premiere partie qui a vu les deux équipes faire match nul 2 à 2.

"Voyez l'anlyse du journaliste du Miroir des Sports:
L'O.M., s'il ne pratique pas le M en défense, utilise en attaque un W exemplaire, et je pense que l'équipe serait plus forte encore avec deux arrières jeunes et rapides, capables de s'éloigner sans risques du centre du terrain."

ci-contre la disposition défensive de l'équipe Olympienne lors du premier match.
"Les Girondins nous ont montré samedi à quel niveau extrêmement bas tombe une équipe jouant sans méthode, lorsque les joueurs sont fatigués ou hors de forme.

Le succès de Marseille a fourni une nouvelle occasion de comparer la valeur du football Sud à celle du football Nord.
Gardons-nous de donner dans ce travers des confrontations inopportunes.
Pour nous, il n'y a qu'une France et des équipes qui jouent bien d'autres qui jouent mal."
L'OM utilisera cette tactique à plusieurs reprises dans son histoire, profitant d'ailleurs d'attaquant particulièrement véloces et brillants qui seront plus caractérisés par leur talent individuel que par leur jeu collectif.
Même avec un style prudent en défense, le style de l'OM allait toujours de l'avant, utilisant des ailiers rapides (Dard, Rustichelli, Curyl, Loubet....), ou grands dribbleurs (Magnusson...)
L'OM n'a jamais été une équipe qui conservait la ballon mais qui le jouait assez vite sur la profondeur.
Seul Magnusson temporisait pour éliminer son ou ses adversaires avant d'alerter par ses centres prècis Skoblar.
Le "béton", que l'on retrouve dans la fin les années 40, n'en est qu'une variation davantage renforcée défensivement.
Roger Scotti, demi-aile ou inter de l'équipe Olympienne après la guerre, se voyait souvent installé à ce poste de verrouilleur quand l'OM jouait à l'extérieur.
Le demi-centre, le Suédois Johansson ayant à marquer l'avant-centre adverse.
Jean Robin utilisa cette tactique dans les années 55 à 58 qui vit l'OM remporter la Coupe Drago.
Quelques années plus tard, l'entraîneur Lucien Troupel arrive à Marseille qui vient de descendre en Seconde Division.
Il pratiquera un jeu de contre avec une tactique plutôt défensive.
Molla puis Knayer joueront comme libéro, avec Kominek comme organisateur du jeu.

En 1962, il est limogé et Otto Gloria qui arrive du Brésil va introduire une nouvelle tactique.

Mais revennons à la création du 4 2 4.
En 1952, les Hongrois révolutionnent le Football.
Comme nous venons de le voir, par une pratique basique du WM, le football se lance lui-même dans l'impasse du marquage. Pour s'en défaire, des améliorations sont indispensables.
C'est de l'une des nombreuses moutures du WM que découle 4-2-4 utilisé dès 1952.
Un nouveau pas est franchi dans le renforcement des lignes arrières par la suppression des "inters".
Pourtant, le 4-2-4 prône le caractère offensif du jeu par l'ajout d'un deuxième avant-centre.
Les Anglais sont pulvérisé en deux matches par les Hongrois,
C'est sous ce schéma que l'équipe de Hongrie fait chuter pour la première fois l'Angleterre à Wembley le 25 novembre 1953, 6 à 3 et 7 à 1 à Budapest pour le match retour.
C'est aussi en jouant de cette manière que le Brésil remporte la Coupe du Monde 58.
L'OM n'adoptera cette tactique qu'avec l'arrivée du Brésilien Otto Gloria, qui aimait aussi placer le demi Fanfan Milazzo comme avant-centre pour qu'il marque le bétonneur adverse, laissant Etienne Sansonnetti plus libre de ses gestes.

Le 4-2-4 se verra compléter par la défense de ligne qu'on utilisera plus tard.
Les 4 défenseurs jouent ici sur un même axe, pour faciliter la mise hors-jeu de leurs adversaires.
On verra que Robert Domergue va l'appliquer à l'OM durant trois saisons.
En 1960, le "catenaccio" lancé par Helenio Herrera et qui est annonciateur des succès du grand Inter Milan n'est pas sans rappeler le "verrou" de Rappan ni le "béton" post seconde guerre mondiale. Il reçoit d'ailleurs l'appellation de "verrou italien".

Son développement s'oriente vers un WM à la défense remaniée et renforcée. Cette dernière comprend 4 joueurs couvert par un 5e, placé en retrait pour "cadenasser" (d'où catenaccio) le secteur défensif.
L'ensemble de l'équipe pratique le marquage individuel, sauf le 5e défenseur rendu "libre" par son placement sur le terrain : le "libéro".
Par cette couverture du jeu, le catenaccio d'Herrera condamne à première vue le jeu offensif et tend à imposer sur lui un effet destructeur.
En même temps, il est vrai qu'il bouleverse les principes et permet par un jeu de contre-attaques à faire de défenseurs de redoutables attaquants comme par exemple Giacinto Facchetti


Mario Zatelli va utiliser cette tactique pour remonter en Première Division en 1966 avant que Robert Domergue ne vienne installer sa défense en ligne.
Le recours systématique à la défense en ligne est introduit par la brillante équipe Belge d'Anderlecht et va se répercuter sur certaines équipes Françaises comme Valencienes, Rennes et le Nantes d'Arribas qui sera Champion de France deux fois de suite avec cette tactique.
Ce système ne veut pas du poste de libéro, et du marquage individuel.
Dans le cadre de la « défense en ligne » : les quatre défenseurs jouent alignés, quand leur équipe n'a pas le ballon.
Domergue importe son 4 2 4 et sa défense en Ligne en 1966.
Il se fait piéger au Parc des Princes face à Angers en Coupe de France (0 - 5) en 1967, mais obtient tout de même de bons résultats avec cette tactique.
Mais au départ de Domergue, limogé en 1968 pour manque de résultat, Mario Zatelli revient à un système de couverture avec un libéro, Hodoul, et deux stoppeurs, Jules Zvunka et Novi, et deux arrières exploitant les couloirs, Lopez et Djorkaeff père.
De plus, on utilise le talent de Magnusson sur le coté droit, avec la puissance de Joseph et le rôle très important joué par Joseph Bonnel, véritable poumon au milieu.
Voir le commentaire du Miroir du Football après la victoire en 1969 en Coupe de France face à Bordeaux.
Et ce mérite marseillais, symbolisé par les montées de Djorkaeff, c'est l'intégration individuelle des arrières en contre-attaque.
L'O.M. prit ce risque occasionnellement, faisant reculer Hodoul d'autant, celui-ci se trouvant fréquemment dans ses 18 mètres sur dégagement du gardien adverses !
Les bordelais ne surent pas profiter de cet anachronisme parce qu'ils jouaient en contres.
Et aussi parce qu'ils n'incorporèrent pas leurs arrières à ces contres -l'arrière était alors un homme libre supplémentaire.
En 1970 Le 4-3-3 qui s'installe n'est qu'une version repliée du précédent 4-2-4. Le 2e avant-centre rejoint le milieu de terrain, là où se dispute la majorité des ballons.

Dans la grande équipe de 70/72, Zatelli puis Leduc ont appliqué une technique avec un libéro (Hodoul puis Bosquier), deux stoppeurs (Zvunka Novi), deux arrières offensifs (Lopez et Kula) et deux véritables ailiers (Magnusson et Loubet) pour un attaquant qui savait tout faire Skoblar.
Gress et Bonnel étaient les poumons du milieu.
Le rôle de Roger Magnusson est de ralentir le jeu pour attendre les remontées de Gress, Bonnel, Lopez, Kula et par ses dribbles, centrer de manière précise sur Skoblar ou Bonnel qui marquera lui aussi de nombreux buts de la tête.
Curieusement, cette équipe malgré son dispositif défensif marquera beaucoup de buts, dans un style offensif, démontrant que le verrou n'empêche pas d'être spectaculaire.

Mais l'OM se heurtera à l'Ajax en Octobre 1971 et à son Football total..
On découvre par le biais de la domination de l'Ajax Amsterdam sur le plan européen, un nouveau type de tactique, appelé "Football Total" et magistralement orchestré par Rinus Michel puis Stefan Kovacs. C'est un football où toute l'équipe se déplace en une seule vague, portée soit vers l'attaque, soit vers la défense en jouant souvent le hors-jeu piège, dérivé de la défense en ligne..
Outre des capacités physiques évidentes, il requiert une polyvalence des joueurs et une cohésion qui rendront très difficile son développement.
En 1980, c'est l'ère du 4-4-2, des grands numéros 10, ordonnateurs du jeu, nourris des ballons récupérés par les demis défensifs.
Le rêgne de Michel Platini et Diego Maradonna

A ce moment-là,c'est le système le plus répandu, avec souvent deux milieux offensifs excentrés soutenus par deux milieux défensifs.
La France de 82 à 86 avec le carré magique Giresse, Fernandez, Tigana, Platini en étant le plus bel exemple.
C'est aussi le temps révolu des joueurs de débordement.
Le premier ailier est redescendu au milieu. Quant au second, il s'est recentré.
Le 4-4-2 met aux prises deux attaquants contre quatre défenseurs.
Ce qui oblige souvent les avants à jouer comme des remiseurs en faveur de leurs milieux qui, de plus en plus, occupent un rôle de finisseur, comme Platini ou Maradonna.

Par contre, l''équipe des minots de Gransart qui monte en Première Division joue en 4 3 3 avec deux ailiers Boubacar et Olarevic très habiles et un avant-centre opportunste, le jeune Pascal..
Quand Bernard Tapie arrive, on voit un OM offensif sous l'influence de Hidalgo et Banide.
L'OM joue en 4 4 2 avec Giresse, Laurey, Passi et Sliskovic en 1986, puis avec Sauzée, Vercruysse, Germain et Meyrieu pour le doublé de 1989 quand Gérard Gili a repris le flambeau.
L'OM devient plus prudent avec l'arrivée de Raymond Goethals qui veut battre tactiquement le Milan AC, meilleure équipe d'Europe en 1991.
L'OM élimine Milan (1 à 1 puis 1 à 0) mais échouera en finale contre l'Etoile Rouge de Belgrade dans un match à qui perd gagne.
Deux ans plus tard, Goethals parviendra à ses fins, l'OM gagne la Champion's League contre Milan (1 à 0) à Munich.
Un libéro (Mozer puis Boli) et une défense à 5 mais avec une explosivite provoquée par deux super techniciens (Waddle, Francescoli puis Pelé) et JPP qui les met au fond en utilisant la profondeur.
Il y avait toujours deux stoppeurs (Boli Casoni puis Angloma Desailly à Munich notammen) avec un libéro Mozer puis Boli.
Voir l'explication de la tactique de Raymond Goethals expliquée par Basile Boli.
L'OM détient d'ailleurs la meilleure défense du Championnat de France de tous les temps avec 21 buts en 1992.
Dans les Années 2000, bon nombre d'entraîneurs adoptent aujourd'hui un système en 5-3-2 ou en 3-5-2 (selon que les latéraux évoluent derrière ou au milieu). Ils bénéficient ainsi d'une organisation modulable particulièrement appréciable.
L'accélération du rythme des rencontres de haut niveau fait que les systèmes ne sont plus aussi figés que par le passé. Une équipe doit pouvoir à tout moment, en fonction des évènements, revoir son schéma d'organisation.
Le 3-5-2 permet cette transformation rapide.
Lorsque l'équipe est en possession du ballon, les latéraux peuvent, après avoir quittés leurs bases arrières pour le milieu de terrain, venir animer le jeu dans les couloirs. L'occasion leur est alors donnée de s'engouffrer sur les ailes, de venir créer le surnombre, et ainsi de prêter main-forte aux attaquants en leur adressant des centres ou en provoquant des redoublements de passes. Lorsque l'équipe perd le ballon, les latéraux regagnent leur place initiale, défensive.
Ci-contre l'organisation de Alain Perrin à l'OM en 2002/2003.
L'OM jouera le titre et finira 3eme du Championnat.
L'année suivante, les mauvais résultats en Championnat condamneront Perrin, José Anigo offrant aux Olympiens une finale UEFA (0-2 contre Valence).
Ce sera le règne de Super-Drogba.
Dans les années 2000, les tactiques varièrent de Courbis à Perrin en passant par Abel Anigo, Troussier ou Fernandez, du 5 3 2 vers le 4 4 2

Albert Emon, puis Erik Gerets vont faire jouer plus vers l'avant, avec des petits formats et des joueurs très vifs, comme le phénomène Franck Ribery, Samir Nasri, puis Ben Arfa, Valbuena ou Koné...

Par contre, Gerets choisira un avant-centre de pivot comme Brandao à la place d'un attaquant de profondeur comme Djibrill Cissé.
Mais le problème de l'OM viendra d'une mauvaise gestion des temps forts et des temps faibles, car poussés par le public du Vélodrome, les Olympiens y perdront un grand nombre de points et le titre.
Ancien vainqueur de la C1 avec l'OM comme capitaine, Didier Deschamps va choisir d'apporter de la puissance à l'équipe Marseillaise.

Le duo Diawara Heinze protégé par M'Bia, vraiment du costaud!!!.
Mais aussi un organisateur de jeu comme Lucho Gonzales, ce qui n'a pas souvent été le cas à l'OM, plus utilisateur de joueurs brillants allant de l'avant et de buteurs que de meneurs de jeu.
Jean Petit qui le connait bien précise:
«Deschamps et Gerets ne présentent pas tout à fait le même profil. Didier va venir avec ses idées. Il fera avec les éléments qu'il aura. Il n'a pas une tactique en poche, par exemple. Il sait s'adapter aux joueurs. Ce n'est pas quelque chose de gênant pour lui».
Pour Jean Petit, Deschamps n'a qu'une méthode : «celle qui fait gagner». «C'est ce qu'il a fait à Monaco et à la Juve. On le met quelque part et il réussit. C'est un garçon qui sait se faire respecter. Personnellement, je le vois bien poursuivre dans un rôle de manager-entraîneur. Il a les qualités pour ça»
Champion de France en 2010, trois Coupes de la Ligue, Deschamps tirera sa révérence à la fin de la saison 2011/2012.

Elie Baup lui succède
Elie Baup affectionne le plus : le 4-2-3-1.
Pour l'ancien Bordelais, ce système permet d'avoir des repères importants pour certains joueurs :
« La défense centrale est protégée par un premier rideau, tandis que ce système permet aussi d'avoir une base d'appui offensive pour un joueur placé très haut sur le terrain. »
« Le 4-2-3-1, à l'intérieur du jeu, est ce qui nous équilibre le mieux » conclue Elie Baup.
Avec l'arrivée de Marcelo Bielsa, les premières rencontres amicales ont montré un OM jouant avec deux latéraux avancés (Dja Djé-Djé, Mendy, deux défenseurs centraux, Romao reconverti et Mendes puis Morel durant trois rencontres, puis trois avec le retour de N'Koulou avec toujours Romao et Morel.

Un meneur de jeu de type 10, Payet, deux milieux Lemina et Imbula, puis Imbula tout seul contre Bari, et trois attaquants, une pointe Gignac puis Batshuayi, et deux ailiers constructeurs, Thauvin et Alessandrini puis André Ayew.

La suite à venir pour le voir se fixer vers un 4 2 1 3 ou un 5 1 1 3.
Même en demi-teinte contre Bari, s’il continue sur le même tempo, Dimitri Payet va finir par se rendre indispensable aux yeux de Marcelo Bielsa.
Positionné une nouvelle fois comme milieu axial, il régale de gestes techniques mais surtout offre des passes décisives.
Le patron du secteur offensif.

Après avoir évolué majoritairement dans un 4-3-3 classique en Liga avec Bilbao, même s'il adaptait régulièrement en cours de match, Bielsa est revenu à son 3-3-3-1 chilien avec l'OM

Avec un Romao positionné en défense centrale qui apporta une remarquable sérénité et un Payet op Top en meneur de jeu..

On sut ensuite quelle fut la saison de l'OM sous l'ère Bielsa.
De l'attaque, du jeu offensif, de la prise de risque, du pressing, en contre-partie, une usure physique qui se fit sentir au matches retour.
« Un hymne au football » , déclarait Pep Guardiola au sujet de Bielsa.
« Je n'avais jamais rencontré une équipe aussi intense, aussi agressive et capable de nous fermer autant d'espaces. »
« Ce que j'ai appris de Bielsa, c'est le courage de ses équipes. Peu importe où, contre qui, et quelle que soit l'équipe qu'il dirige, il osera toujours aller vers l'attaque. »
Le jeu et la manière peuvent varier, le principe non.
« Il voulait que l'on soit les acteurs principaux de chaque rencontre, peu importe si on jouait à Barcelone, à Madrid ou ailleurs » , racontait Ander Herrera.
Jouer son propre football, car c'est la seule manière de dépasser la part de hasard et de chance du noble jeu.
En clair : jouer sa chance coûte que coûte, et mourir avec ses idées.
Ce n'est donc pas une surprise si le technicien argentin a insisté sur le principe de « développer notre propre jeu » pour l'OM.
Michel, l’anti-Bielsa
Il est encore un peu tôt pour évaluer l’apport de l’Espagnol Michel, son successeur. Un mondain a pris la place d'un ermite.

En ce sens, Michel serait un anti-Bielsa. Sur le terrain, pour ce qui nous importe, l’OM n’est plus animé de cette farouche volonté d’attaquer, encore et encore, et son jeu n’est pas toujours coordonné.
A vrai dire, depuis qu’il officie, on n’a pas bien saisi où voulait en venir Michel, ni vraiment quelles étaient ses conceptions du football. On peut dire que le Michel-entraîneur est moins emballant que le Michel-joueur, un artiste.
Mais ne faisons pas de procès d’intention, attendons. Pour l’instant, le ressuscité Lassana Diarra colmate les brèches pendant que Bielsa se repose chez lui, à Rosario.
Lassana Diarra, l'homme de l'OM.
Depuis sa première apparition sous le maillot marseillais face à Troyes, « Lass » impressionne par sa sérénité et sa science du jeu.
Il est au coeur de l’organisation de Michel.
A l’aise avec le ballon et doté d’une large palette de passes, il est celui qui peut accélérer le jeu par ses transmissions, jeu court et surtout jeu long.
Ses partenaires cherche Diarra en permanence.
Mais dès que Diarra est bloqué par la tactique de ses adversaires, ça coince.

A la fin des matches aller, la tactique Olympienne organisation Michel doit mieux faire.